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Mardi 5 octobre 2010 2 05 /10 /Oct /2010 20:35

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Épilogue 1

 

Ma chaire, ma tré chaire Marie,

 

Je ne sai trop que dire, ni par où comencer, com l'a di je ne sais plus lequel de ses poaites français. Dieu sais que depuis dé annés je t'è haï au fond de mon coeur, au fond un coeur... je ne sais maime pas trop si j'en è un... je ne sais maime pas trop ce que ça veu dir avoir du coeur. Du coeur au vantre ça oui! Tu te rapel les couilles à l'èr du pié tandre de Boston qui t'avai invitez à danser un soir à New Orleans? Il a vraiment cru que j'allé les lui coupé! Ques quon a ri! Ques quon a ri aussi l'otre soir aussi avan que tu fasse ta quatin de nouveau. Et de nouveau je te hais! Je te jure que je suis pas près de l'oubliez ton cou en arrière salope! Et la prochene foi que je t'attrape c'est lé yeux dans lé yeux que je te corrigerer le portrè si j'avé pas trop peur de l'abimé...

Putain voilà que jai la gorje qui ce sert, et je crois que je t'ème. Toutes ces dernières cemaine, depuis que je ta' revu, et maime avant... Maime avant je croyez que ma seule échappe à toire s'été de t'oublier définitivemant. Mé maintenant que tout sa est fini je sé plus tro ou jan suie à nouvo. A nouvo j'ai nul pare où allez. Tu sais que ses foie jonnes de Tenessee Gulch m'on demander de rester comme Sheriff? Moi Sheriff? T'imagine le tablo? T'imagine moi avec une aitoil à côté du coeur? Une aitoil à côté du coeur... Voilà que je deviens poaite... manquerai plu que je deviainne français! Avec du parfaim dans les cheveux comme une gonzaisse et des bagues au doi... Bague au doi. Tu vois je des rails.

Enfin tu m'as compris coi mairde? J'é toujours été tocar pour dire ses chauses là, mais je voudré bien que tu revienne, je voudré bien finir dans té bras. Et voilà, tu me fè dire des niaizry. Jé pas envie de passer pour un vieux ringare, mais reviens, reviens je tant pri, on ira où tu voudra, quand tu voudra... Je ferez pas un pas de plus que celui que jé fé pour écrire cette laitre. Et pour écrire cette laitre y m'en a fallu du coeur au vantre, croi moi. Et maintenant j'ai mal aux dois comme sè pa possible. J'ai pas tant écri depuis.... Ben depuis que j'ai écri ce contra. Ce contra sur ta tète... Y'a quinze ans ça... tiens. C'est maran.

 

Adieu Mary, je t'attendrez, tous les instans qui raiste encore à ma chiaine de vi.

Tendremant depuis lontant,

Je t'ème

 

ton

 

Jack

 

Ps: je sui dan un éta proche de l'Ohio

 

Après avoir terminé sa laborieuse rédaction, Jack relu sa lettre, puis la froissa entre ses doigts fébriles et la jeta rageusement dans un coin de la chambre. Puis, soulevant la fesse droite, il lâcha un pet sonore. Farfouillant dans une poche crasseuse il en sorti un antique morceau de chique et le cala entre ses dents pourries. Puis, avisant la bouteille de bourbon posée sur la table, et constatant qu'il n'en restait qu'une maigre gorgée, il la condamna sans autre forme de procès à perpétuité dans les déserts arides de son foie malade, et se levant pesamment il se dirigea vers la porte, l'escalier, la rue, et le rade le plus proche.

 

 

Auteur : Jean-Paul

Par La Revue Moutarde - Publié dans : Cactus Jack sort ses colts
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Mercredi 15 septembre 2010 3 15 /09 /Sep /2010 20:57

La pendule à trois pattes qu'on avait oublié de remonter ne battait plus les secondes. Le rai de lumière qui filtrait par la porte et qui avait cheminé de là à là avait fini par disparaitre. Jack avait renoncé à chiquer, s'entendre mastiquer l'irritait. Un silence pesant règnait dans la cabane. Pour ces hommes d'action l'attente était un supplice sans nom. La crosse de leurs fusils à terre, ils avaient les mains jointes sur le canon. Ils ne bougeaient pas.

La rivière passait, paisible, bercant les pieds nus de Purcell Davies. C'était un rituel auquel il se livrait avant de tuer un homme, il avait besoin de calme. Il se tenait á l'écart et prenait un peu de temps pour se retrouver, être en paix avec lui-même. L'eau d'El Coño était fraîche, elle calmait son cerveau bouillant. Il ferma les yeux et poussa un long soupir.

Dans la cabane, Emile décida de préparer la tambouille, l'attente silencieuse pesait trop sur ses nerfs. Il se leva donc et en frottant le douloureux bas de son dos se mit en route vers la cuisine.
Une fois qu'Émile eut refermé la porte derrière lui, Jack demanda à Johnny:
"-Tu comprends quelque chose toi? Je croyais que l'autre chacal en avait fait son affaire.
-Oh mais c'est exactement ce qu'il a fait répondit Johnny d'un air sombre.
-Comment ça? demanda Jack.
-Oh crois-moi tu ne veux pas savoir, et il cracha sur le sol poussièreux pour se défaire d'une mauvaise pensée.
-Tu veux dire que...commenca Jack sans pouvoir finir sa phrase, et voyant que l'autre ne pipait mot, il ajouta: "Bordel de merde.", il cracha à son tour puis retrouva le silence.

Purcell Davies astiquait son revolver.

Johnny reniflait ses haricots. Ils sentaient la sueur. Il flaira son aisselle, elle sentait les pieds, aussi lanca-t'il un regard accusateur à Jack qui venait de finir ses haricots et qui déjà soulevait une fesse pour laisser filer un pet qui, arrivant au nez de Johnny lui fit finalement retrouver l'odeur des haricots. Rasséréné, Johnny se mit à table.

Purcell Davies, les jambes tendues, penchait le tronc et du bout des doigts essayait de se toucher les bottes, prêt à partir.

Appuyés sur leurs fusils, ils étaient à l'affût. Un frisson avait parcouru l'échine de Jack. S'il ne pouvait pas l'entendre encore, il savait qu'un cheval avancait le long de la route sinueuse qui menait jusqu'à la cabane. Johnny aussi l'avait senti. Emile n'avait rien senti du tout mais il avait vu le regard que les deux hommes avaient échangé. Ne voulant pas être en reste il prit un air entendu et s'essaya même à lancer un "Yep" en tapotant la crosse de son fusil. Ils tendaient l'oreille, le bruit de pas se fit entendre, enfin, se rapprochant, un cheval récemment ferré. Il serait là dans moins de deux minutes. Dans une minute trente. Il s'arrêtait, accrochait son cheval. Dans une minute. Il vérifiait la solidité de la barrière auquel il avait attaché les rênes.Il était là. Il s'approchait de la porte de la cabane. Les hommes retinrent leur souffle, mirant l'encadrure de la porte. La porte s'ouvrit et l'air se fit plus frais, moins épais avant que la fumée des revolvers qui firent feu ne vint l'allourdir encore un peu. L'homme trois fois touché tomba sur ses genoux avant de s'étaler de tout son long, mort.

Purcell Davies examinait une dernière fois l'intérieur de son canon pour s'assurer qu'il avait fait bonne besogne. Son pouce glissa sur le chien de l'arme et se fut la dernière chose que Purcell Davies fit de sa vie. Des bouts de crâne et de cervelle colorèrent l'écorce de l'arbre sur lequel il était appuyé. Un serpent qui s'était approché renonca à l'idée de le mordre. Le chat sauvage prêt à bondir se remit sur ses quatre pattes, il ne l'attaquerait pas. Le desperado désengagea la balle du canon de son arme, à quoi bon tuer un cadavre? L'indien rangea son couteau, il ne prenait pas les scalps des hommes qu'il n'avait pas tués. Quelques coyottes que la fin avait attiré en flairant l'odeur du sang lancèrent un long cri pour annoncer le repas, comme les cloches appellent les invités au repas du seigneur. Cet homme condamné n'étant plus, la vie reprit son cours.

Après le vacarme des armes, un silence se fit. Puis un coup de feu se fit entendre dans le lointain, des coyottes chantèrent. Jack, Johnny et Émile ne désarmait pas leurs armes, attendant que la fumée se dissipe pour s'assurer que la crevure était bien crevée.

 

Auteur : Antoine H

Par La Revue Moutarde - Publié dans : Cactus Jack sort ses colts
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Lundi 9 août 2010 1 09 /08 /Août /2010 02:38


Une allumette vint gratter la semelle lisse d’une santiag noire, orné d’éperons d’argent massifs. La flamme jaillit, et vint allumer une motte de tabac qui dépassait de la cigarette tout juste roulée par son propriétaire. Ce dernier, calmement et consciencieusement tira une longue bouffée, et éteignit la flamme de l’allumette avec la fumée qui sortait à présent de ses nasaux. Il jeta le cadavre de bois calciné et recourbé sur la joue de Jack qui ouvrit alors les yeux. On en apercevait à peine le blanc dans la pénombre de la pièce moite, quelque peu zébrée par les lignes horizontales des volets laissant passer les rayons du soleil alors rasants au-dehors. Jack avait pour ainsi dire, une sale tronche d’homme éprouvé par les coups répétés sur sa figure et son corps. Du sang séché se mêlait au poil revêche de sa barbe alors bien avancée dans sa croissance. Plusieurs tâches plus noires que le sang d’un alcoolique de taille inégales se confondaient avec la crasse de ses vêtements. Dire qu’il n’y a encore pas si longtemps cette chemise était d’un blanc immaculée. Mais loin de se soucier de ces considérations de bonne femme, Jack se demandait surtout comment se défaire de ces liens qui lui rongeaient les poignets. Assis de force à cette chaise qui lui servait de tout support depuis dieu sait combien de jours et de nuits, il laissa sortir sa voix rauque et fatiguée:
-Et maintenant, t’attends quoi pour me dézinguer?
-Si ça ne tenait qu’à moi, ça fait longtemps que ce serait fait, tu empestes plus qu’une pute apache ayant ses périodes, et les mouches semblent t’apprécier plus que de la mouscaille. Mais ce sont les aléas du métier, et puis à vrai dire, je retire une certaine satisfaction de te voir dans cet état pitoyable. Quoi que je suis un peu déçu du manque de vagissements, ou de comme on dit par chez moi de gueuleries de vieux putois dont tu as fais l’économie. Ça doit être ta façon à toi d’être classe.
Tandis qu’il parlait, il rassemblait les cendres de sa cigarettes dans le creux de sa main au fur et à mesure que ces dernières se formaient sur le mégot.
-Assez causé de ces trucs Kaltenbrunner, dis-moi quand rapplique Purcell qu’on en finisse
-Quel fatalisme! Purcell arrivera bien assez vite, peut-être pourrait il être indulgent avec toi, enfin si tu supplies…
-Tsss… Tu seras déjà loin à ce moment là en train d’encaisser ton gros chèque!
-Oh là, pas sûr pas sûr… J’en ai pas encore fini avec toi
-…
-Tu penses bien qu’on ne me dérange pas impunément, surtout pour courser deux fillettes comme toi et ta petite chérie. Non… J’ai convenu d’un arrangement avec Purcell. C’est pour ça que je t’ai réveillé. Ce sera effectivement lui qui aura le plaisir de te faire tout ce qu’il désire. Le connaissant, ce sera jubiler de te voir dans cet état là, puis il te logera vulgairement une balle dans le rectum s’il a un tant soit peu du style. Mais en attendant ce moment, il m’a donné carte blanche
-Abrège!
Le sourire narquois de Kaltenbrunner se changea, et les traits de son visage se plissèrent en se fronçant. Il approcha ce qu’il restait de sa cigarette sur l’épaule de Jack et l’écrasa avec vigueur tout en le regardant dans les yeux. De la sueur perlait sur le visage de Jack, il souffrait, mais ne laissait rien transparaître
-Ouvre la bouche! Fit-il brusquement. Jack s’exécuta tout en continuant de le regarder en contenant sa haine qui grandissait. Kaltenbrunner déversa dans le bec de Jack les cendres qui s’étaient amoncelées dans la paume de sa main.
-Imbécile! Tu ne comprends donc pas que tu vas crever, certes du colt de la main de Purcell, mais avant ça, tu vas passer avec moi. Tu vas tâter de mon couteau, tu vas voir comment je vais t’entailler minutieusement, te vider de ton sang, juste ce qu’il faut pour que tu ne meurs pas, de quelle façon je vais te retirer l’œil de ton orbite à la petite cuillère, comment je vais te couper les doigts un à un pour mieux les cuisiner et les manger devant toi! Quant à ce qui te sert d’attribut masculin, je m’empresserais de…»
Mais il n’eut pas le temps de terminer sa phrase, Cactus Jack avait bondit de sa chaise à la gorge de Kaltenbrunner. Le peu de force qu’il lui restait avait été ravivé par les propos du sadique mégalomane. Tant, que le monologue qu’il lui avait débité avait été propice à Jack pour défaire ses liens. Attribut masculin attribut masculin, justement parlons-en, c’est précisément à cet endroit que Jack lui administra un coup de santiag pointue. Puis il se jeta sur le corps de Kaltenbrunner qui se tenait, et mugissait comme une fillette.
«-Maintenant tu vas me dire où sont les autres.
-Johnny, deux pièces à la droite
-Et Emile
-… ha ha
-Réponds!!!
-Pas futé le minot, mais ses testicules avait bon goût quoi qu’un peu sucrées.
Il riait de toutes ses dents tandis qu’il prononçait cette phrase. Le sang de Jack ne fit qu’un tour, et ses mains empoignèrent la gorge sèche de Kaltenbrunner qu’il serra de toutes ses forces, l’air plus haineux que jamais. Le corps faiblissait, les traits se crispaient, la langue sortait de cette bouche affublée d’un rictus sinusoïdal et les yeux se révulsèrent.
Jack lâcha celui qui l’avait torturé tous ces jours durant, et couru délivrer un Johnny évanouit à qui il manquait l’index de la main gauche.
-Putain de foutre de dieu! S’exclama Jack qui délia les mains de Johnny, et pris sur son dos, bien décidé à claquer les éperons vers d’autres contrées le premier cheval fauché à un quelconque paysan.

 

Auteur : Elodie G.

Par La Revue Moutarde - Publié dans : Cactus Jack sort ses colts
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Dimanche 25 juillet 2010 7 25 /07 /Juil /2010 23:25

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Dans toute quête, la question primordiale à résoudre pour accéder au râle du savoir vivre réside dans la connaissance de l’endroit où l’on doit se rendre. Peu importe d’où l’on vient. Ni comment, ni pourquoi. Seul compte le où poser sa paire de cojones à la tombée de la nuit. Ou même avant si l’on en ressent le besoin impérieux. La prise d’assaut d’une touffe crasseuse ou le siège d’un anus de luxe revitalise même le plus benêt. « Alors baisons ». C’était son dicton. Un de plus. Et qu’à Dieu ne plaise. Jack possédait les plus belles balloches à enconner la première baigneuse cambrée.

Après avoir braqué tous les coffres de la rejeton du banquier, notre héros s’écrasa sur le sofa. Priscilla, le souffle un peu court, se lova contre son amant. Ses yeux brumeux de tant de facéties corporelles se perdaient dans les champs de coton quadrillés par la fenêtre du salon. Vite incommodée par l’étroitesse du nid de leurs étreintes, tout de même belliqueuses, la plus jeune fille de Purcell Davies se redressa, posa ses pieds sur les azulejos imprégnés de la fraîcheur matinale et glissa comme une nymphe éthérée vers la baie vitrée. Le grincement fit tourner l’œil du Cactus. La vision de cette sculpturale nudité offerte au monde lui rappela, après maintes pensées vagabondes, l’objet de sa visite.

- Tu sais, ce serait mieux qu’il soit là pour t’amener à l’église.

Un dos négligemment appuyé contre le rebord de la baie vitrée tressaillit. Deux bras se croisèrent en même temps que deux jambes élancées et, bloody hell, cela donnait au tableau une sensualité bien trop rare dans les confins de l’Ouest américain

-Tu as passé l’étape de la demande en mariage pour aller droit à la case prison. Tu me prends pour une gourde .

-Quand je consomme, je paye mes dettes.

- Je ne suis pas une catin.

- Je sais bien ma belle, c’est pour ça que je me tue à te convaincre de te marier.

- Tu vas donc également épouser la fille du juge ?

- Ah la maigrichonne, ça non !

- Pourtant, on raconte que tu l’as mise enceinte.

- Je lui ai peut-être déformé le profil et plus bas que le nombril… Oui. Mais c’était avant de te connaître.

- Je ne te dirai pas où se trouve mon père, Jack. Soit tu l’abattras comme un chien, soit tu le traîneras au pénitencier, soit c’est toi qui mourras. Sache juste qu’il a engagé un homme du nom de Kaltenbrunner. Un tueur à gages très compétent à ce qu’il paraît.

- …

- Maintenant, casse-toi salaud.

 

Mais Jack enfilait déjà ses bottes, la chemise sur l’épaule, le ceinturon en bandoulière, le stetson vissé sur le crâne. Puisque cette ingrate préférait couvrir sa pourriture de géniteur, il ne restait plus qu’à lancer une chasse à l’homme, si une once d’humanité filtrait encore dans les pores de cette ordure.

Purcell Davies avait quitté la ville à l’annonce de son procès. Personne ne savait où ce couard autrefois maître absolu de Tennessee Gulch avait fui. Personne ne s’avisait plutôt de s’y intéresser de trop près, de peur de se voir mêlé à un règlement de comptes bientôt écrit en lettres de sang dans la légende du Far West. Les citoyens arriérés de cette ville engluée dans les confins du monde civilisé jugèrent plus judicieux de laisser Jack, leur nouveau justicier, s’en charger. Seul l’un d’eux se comporta en vrai cow-boy. Bien que râpé du cerveau, Emile se proposa pour l’accompagner, lui et John. Le fils du pasteur, grand amateur de chasse au couguar, pouvait se révéler utile de par son aptitude à lire une piste. A défaut de la bible de son père.

- Le coup du mariage… T’aurais pu trouver mieux pour lui faire cracher le morceau.

- Elle est folle de moi, ça aurait pu marcher.

- T’as jamais su bluffer, c’est pour ça que t’es un pied tendre au poker.

- Tu te rappelles une paire de deux à Crocke Town en 38 ?

- D’la choune ! Avec un pique, je te baisais en beauté ! Putain de croupière…

- Putain ouais…

- On peut lui faire confiance ?

- Jamais, une putain n’en veut qu’à tes Franklin.

- Je parlais de lui.

 

A quelques encablures, courbé sur son cheval, Emile cherchait des traces du passage de la bande à Davies. Consciencieux, il se penchait d’un côté et de l’autre de sa monture, parfois presque à en tomber, pour vérifier l’état d’un crottin ou la taille d’une marque de sabot. Dans sa mégalomanie, le banquier avait ferré ses canassons à son effigie.

- Le vieux Mac Culloush a entendu à Dallas que Carlos, l’âne bâté de Davies, rôdait avec des hommes en armes de ce côté du comté. Il paraît qu’il se déplace dans une caravane.

- Une caravane…

- Yep. Ah au fait, on a une gâchette au cul. Elle s’appelle Kaltenbrunner.

 

Auteur : Tristan.

 

Par La Revue Moutarde - Publié dans : Cactus Jack sort ses colts
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Lundi 27 juillet 2009 1 27 /07 /Juil /2009 04:12

Le vieux Mac Culloush paraissait plus vieux de vingt ans dans la diligence qui le ramenais de Dallas. Servire le Père, le fils et le Saint Esprit n'étais certes pas une sinécure dans ce pays d'âmes perdues. De fils de putes oui! Songea t-il en regardant vaguement le conducteur de sa diligence, un affreux petit bonhomme qui prennait plaisir à fouetter ses bêtes. Il l'avait surpris à mettre des clous dans la paille des chevaux qui piaillaient en se blessant la bouche, ce qui le faisait se tordre de rire. Il se remémorait le proces du banquier Purcell Davies.

Jack lui avait apporter l'or trouvé sous la tombe de R. Edemption. Or provenant de trafiques en tout genre: racquet, gains à la suite d'investissements peu respecteux des loies en vigueurs, de ses plantations où les esclaves vivaient dans les pires conditions, de la prostitution mais aussi or de la dernière arnaque à l'assurance après le précédent faux braquage de sa propre banque. C'est donc l'assureur que Mac Culloush avait contacté qui deposa plainte auprès de la justice de Dallas. Il aurait voulu que la population lance une accusation de racquet, il aurait alors fallu mener une enquête aprofondi sur les activité de Davies, et plusieurs têtes seraient tombées avec lui. Mais la populace avait été trop lache pour s'attaquer directement à l'homme qui tenait les renes de la ville. Tous des âmes perdues, soit par leurs actes, soit par leur lacheté.

Le proces eu donc lieu mais sans Davies.Trois hommes de Dallas étaient parti à (nom de la ville) où ils avaient cherché Davies dans sa banque et à son domicile sans bien sur le trouver. Et bien sur personne ne l'avait vu ni ne savait où le trouver. Ils trouvèrent méanmoins que les repas de l'auberge étaient à leur goût et y passèrent cinq jours, le temps de justifier leur salaire.

Le proces se passa sans surprise, Davies fut condanné pour extortion de fond, il échoua de deux ans de prisons, perdit le droit de s'immiscer dans les affaires pubiques, et de gérer un étabissement banquaire. Ce qui ne le gênerait pas outre mesure, sachant bien que personne ne viendrait lui chercher querelle dans son district et qu'il continuerais à gerer ses affaires en coulisse! Ce qui le foutrait vraiment en rogne c'est que l'or qui servait de pièce à conviction avait été partagé d'un commun accord entre l'assureur en dédomagement et la justice pour ses frais!

Mac Culloush cracha par terre. Même Marie Madeleine dans ses périodes les plus déguelasses a eu plus de moeurs que notre justice! Du moment que ces rats s'en fouttent plein la bourse peu leur importe que les provinces du Sud crêve sous le joug de petits napoléons de carnavale! Après tout du moment que les drapeaux étoilés s'étendent toujours un peu plus bas vers le Sud et qu' un peu d'or remonte toujours vers le nord pourquoi s'inquiéter de ceux qui vivent la-bas? Les cafards grouants de notre pauvre pays vont-ils un jour comprendre qu'ils sont tous frères, étant tous les fils des mêmes putes, tous sortis de la même porcerie, tous nourri au pue de la même mamelle? Finiront-ils finir par s'aimer les uns les autres nom de Dieu!

Certains soirs Mac Culloush détestait tous les hommes sans distinction, et priait Dieu qu'il envoya à nouveau son fils faire le cul à tous ces enfoirés. Jack n'échappait pas à la règle et plus qu'un autre il méritait de se faire reluire l'ognion. Cependant parmis la racaille il y avait les fils de putes: ceux qui foulaient au pied la dignité des lâches, qui eux se laissaient faire trop content qu'on épargne leurs misérables existences. Jack lui ne plombait que les pires saloperies, du moins ceux que sa bétise lui montrait comme tel. C'est pour ça qu'il était utile, et c'est pour ca qu'il fallait le guider. Mac Culloush esquissa un sourire de loup, le premier depuis son départ pour Dallas! Maintenant que Davies avait perdu sur un tableau il allait reporter toute sa haine sur celui qui marchait sur ses plats de bandes. Ce serait lui ou Jack, et le révérent ne doutait pas que Dieu dans son infinie sagesse sache diriger les balles.

 

Auteur: Adrien H

Je reprendrais le texte plus tard car il est un peu sec, cependant son contenu ne changera pas.

Raz j'avais pas de correcteur orthographique, ca doit etre une catastrophe, tu peux voir ca??

Par La Revue Moutarde - Publié dans : Cactus Jack sort ses colts
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Mercredi 24 juin 2009 3 24 /06 /Juin /2009 23:46
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Sa chair avait un goût salé, ses seins étaient lourds et elle gueulait bien comme il faut, cette chienne apache. Il était en elle trois matins sur quatre et il arrivait encore à prendre son pied en moins de temps qu'il ne lui en fallait pour la désaper. Pour sur elle savait y faire la traînée, mais il allait devoir la renvoyer trier la merde aux champs de coton. Pas question qu'elle oublie sa condition d'esclave sous prétexte que sa chienne de mère apache lui ait donné la vie avec le cul d'une pro.

Il a vidé ses couilles et l'a renvoyé donner le sein à ses bâtards.

Lorsqu'il est sorti sur la terrasse, le soleil était déjà une boule de feu écarlate, irradiant toute la pampa et vidant un peu plus de sa sève les terres arides du West Side. Il détestait la sécheresse, c'était des frais en plus. Les bêtes buvaient trois rations plutôt qu'une, sans compter les hommes qu'il fallait mobiliser jour et nuit pour surveiller les débuts d'incendie. Foutu pays. Les talons plantés sur la table, il s'était mis à la recherche de son coupeur mais il ne trouvait que crasse et sueur au fond de ses poches. Et bordel, pas une roulure dans les parages pour s'en charger à sa place. Finalement, il arracha le bout du cigare avec les dents, non sans fulminer de gâcher de la sorte un Robusto à quatre dol, tout juste importé de Santo Domingo.

Puis ce fut le miracle de la saveur âcre du barreau de chaise lui rendant sa lucidité. Pour la première fois depuis que cette catin l'avait réveillé à l'aube, il sentait doucement ses neurones se remettre en ordre de marche. Et de lui rappeler toutes ses emmerdes en cours...

" - Carlos ? cria-t-il vers l'écurie en contrebas. Bordel, mais où est ce putain de chien sans queue qui me sert de contremaître ? Encore à monter une vache ou quoi ? Je suis là patron, je monte, je monte. Ouais, ok, mais presse toi le cul si tu veux pas te retrouver bardé de plomb, batard de merde."

Carlos, un laquais à oeil de verre, une racaille à la main froide et au cerveau atrophié.

" - Ouais boss, que c'est que tu me veux ? Crevure, chien chicanos, amateur de foutre. Où on en est avec l'affaire ? Pas gagné... boss... pas gagné... Fab et les gars que j'avais envoyé, ben il sont pas rentrés. Mais le bourrin, 'lui de Fab, il est déjà à l'écurie, vu que Carlito me l'a retrouvé à brouter dans le champs ce matin. Bordel, j'aurai jamais dû envoyé cette petite crasse, sa famille m'a toujours chié que des bons à rien, castrés comme des Amish et utiles comme des gonzesses... O'Hara ? Toujours pas revenu de Tijuana, boss. Bouarf, m'est avis que ce con d'irlandais va pleurer jusqu'à la neige son abruti qui lui servait de frangin."

 Purcell Davies s'est relevé d'un bond, le cigare encore aux lèvres. Rien pour se dérouler comme il le voulait. Les récoltes traînaient et seraient les plus mauvaises de la décennie. Le casse s'était mal passé, il toucherait jamais l'assurance et, à ce rythme là, ses comptes se videraient en moins de six semaines. Il avait du mal à le croire... Depuis douze ans, son business prospérait mais il avait suffi d'une gâchette un peu plus affûtée que les autres se pointe à la ville pour que tout parte au va à l'eau. S'il voulait pas rejoindre les pieds tendres qu'il avait envoyé dans la tombe, et ils étaient nombreux ces chiens apaches, c'était à son tour de jouer, il fallait qu'il bouge. Et bouger, c'était écraser les chiures de mouches qui se collaient aux verres de ses lunettes, à commencer par les chiures étoilées. Il fallait renvoyer ad patres cette crapule de Jack, ce sale porc qui traînait depuis trop longtemps sa fille et ses affaires dans la boue.

" - Prends deux hommes en armes et monte au Nord jusqu'à chez Jess pour chercher Kaltenbrunner. T'as trois jours, avorton de putain, pour me le ramener. Dis à Jess que je lui rendrai son foutu mari en un seul putain de morceau... et si ma guenon de fille veut pas le lâcher, tu lui colles une raclée de ma part. S'agit plus de jouer Carlos, on rentre en guerre contre ces chiens. Ce sera eux ou nous et bordel si jamais c'était pas eux, je peux t'assurer que je m'essuierai les paluches sur le cadavre de ton Carlito avant de tomber, c'est compris, saloperie ?»

Carlos, un laquais à oeil de verre, une racaille à la main froide et au cerveau atrophié. Une bête assoiffée de sang qui sommeillait, prête à bondir à la gorge des deux J et à les bouffer vivants, les dépecer et les recracher par le cul le lendemain. Avec Carlos, Purcell Davies avait un atout qu'il s'apprêtait à abattre. Mais pour s'assurer la victoire, Purcell avait dû dégainer son joker, Kaltenbrunner, la pire brute du West Side, le Seigneur des Porcheries en personne, celui grâce auquel mâcher le Cactus serait aussi facile et délicieux que violer une vierge de quatorze ans.

Ses couilles le démangeaient à nouveau, il se mit la main au froc en regrettant le goût salé de la chienne apache repartie au champs. Mais c'était fini les conneries. La guerre était de sortie et le West Side serait bientôt purgé du Cactus et de toutes les crevures qui menaçaient son business.

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Auteur : C.E
Par La Revue Moutarde - Publié dans : Cactus Jack sort ses colts
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Vendredi 22 mai 2009 5 22 /05 /Mai /2009 11:09
Préambule


Des recherches diligentées par The National Mustard Magazine Appreciation Society récemment publiées font état de la descendance d’un fameux personnage de l’Ouest lointain : le redoutable Cactus Jack. Plusieurs passionnés se sont unis dans leurs efforts d’investigation historique afin de retrouver les descendants de l’impitoyable pistolero. Au fil des générations, des déplacements familiaux, la piste s’est précisée. Après de nombreux mois, une figure est alors apparue.


Patricio




1.


C’est un des membres du barreau les plus influents du district.

Ses admirateurs l’appellent le scieur de barreaux ; ses détracteurs, le chieur du Barrio.

D’origine mexicaine et modeste - presque un pléonasme ici – ses perspectives étaient multiples : confectionner des hots dogs chimiques, figurer ici et là comme employé du mois, engrosser une bougresse quelconque un soir de surdose alcoolisée, puis, faire l’économie d’une assurance santé pour garantir 49 mois et 16 jours d’études à l’université locale (classée 65ème du pays) pour leur unique enfant, dans l’espoir que ce rejeton ait une petite chance de devenir un jour (au mieux) directeur de l’endroit où l’on confectionne ces fameux perros calientes.

Patricio Garete, néanmoins, connut un avenir différent. Grâce à une extraordinaire rencontre dans sa treizième année. Celle de son Senior Teacher, Robert Ford. Un homme empli de bonté. Robert décela très vite les facilités de Patricio. Elles étaient prodigieuses pour son jeune âge. Dès lors, son devoir était de le soutenir, lui donner une chance. Une seule, même infime. Cela suffirait.

De plus, Robert avait perdu son seul fils en Irak. Pulvérisé par une rafale d’obus (propulsée par une division d’artilleurs américains suite à une double erreur de décimales, le fautif, un certain James Mc Ivory avait suivi des études scientifiques pour plaire à son père, mais lui, il préférait la poésie, la vraie, la grande, la sentimentale).

Patricio allait donc tout entreprendre pour tracer un chemin d’excellence. En échange, Robert amasserait peu à peu la somme requise à un avenir universitaire. Il ferait de Patricio un homme de droit et de justice, un avocat.

Cependant, Robert lui demanda aussi de se frotter l’entrejambe sur ses cuisses, de temps en temps, disons, une fois par semaine, à peu près, car rien n’est véritablement gratuit sur cette planète.




2.

Un Hummer gris vient le chercher dans son Ranch, sur Esposito Boulevard.

A douze blocks de là, une fumée blafarde. Celle de 7 cadavres et demi. Des portes flingues d’un gang haïtien, dont un sévèrement mutilé. Son thorax glougloute dans le caniveau.

Plus à l’est, juste au dessus de Tombstone Plaza, une grasse colonne de suie qui s’élève. Un fourgon bancaire vient d’imploser. Le coffre-fort géant, à l’intérieur, s’est disloqué dans une triple charge explosive (le responsable du surdosage, un certain Tony « PussyFreak » Lax n’avait suivi aucune étude, lui, il préférait les voyages, il rêvait de voir l’Islande, un jour).

Les émanations noires des flammes, de la chair humaine, des laboratoires clandestins se répondaient les unes aux autres…elles pouvaient surgir, à toute heure, de tous les quartiers…c’était une forme de dialogue entre criminels.

Patricio distingue trois motos derrière lui. Dans la confiture de métal du trafic, les trois destriers bourdonnent, magnétisés au véhicule. Une prise en chasse par un gang de motards.

Assez banal dans ces rues, surtout pour un Hummer, une proie pareille ne les brave pas souvent.

C’est le gang des Scorpions. Parfois munis d’armes à feu classiques dans ces parages (tels qu’AK-47 ou fusils mitrailleurs), ils semblent privilégier le port d’arbalètes pimpées aux couleurs du clan afin de semer diligemment  leurs carreaux dans les poitrines récalcitrantes. Sur leurs visages, des tatouages de ces arachnides. Comme des peintures tribales et guerrières.

Munis de baïonnettes M6, ces psychopathes aiment cisailler les nuques de leurs victimes pour ensuite dessiner les contours d’un scorpion (savoir dessiner ou peindre l’espèce africaine du Pandinus imperator est une des épreuves d’intronisation du gang). La guirlande de carne ainsi arrachée est un butin lugubre que certains membres arborent sur leurs engins.

Le conducteur du Hummer cravache les entrailles du moteur. En deux diagonales, la patache s’extirpe. Elle a distancé les poursuivants. Dans la vitre arrière, des courbes sombres qui empalent des carreaux furieux. Ils se rapprochent. Trop tard. Le clairon hystérique d’une patrouille de police cavale déjà au loin. Ils tournent bride. Ils s’éloignent.




3.

L’arrivée au tribunal. Le détecteur de métaux. Les hauts plafonds, les grands lustres, les spectateurs turbulents. Trois étudiants en droit à la table du Starbucks® (un récent décret autorise enfin l’implantation de débits de boissons non alcoolisées à l’intérieur des enceintes gérées par le gouvernement). Ils disputent une partie de Texas Hold’Em Poker sur leurs téléphones portables.

Une assistante dactylographie à grande vitesse sur son clavier, telle une pianiste. On emmène un prévenu dans un fourgon ; Il se débat, fait tourbillonner ses pattes dans les figures des policiers. Il s’extirpe de l’étreinte, bondit dans la foule, une bagarre générale éclate dans l’indifférence.

Devant les portes de la grande salle, l’odeur du tabac mal fumé imprègne un air vitreux. Deux types du jury, anxieux, terminent leurs cigarettes.

Patricio s’installe, dévisageant des spectateurs venus en famille. Ils déballent des sandwichs, le père ouvre une flasque de Bourbon. Patricio retire son chapeau, passe une main sur son visage : la sueur, la barbe de cinq jours. Il reconnaît Avon Barker, le chef des gangs du nord ; de l’autre côté des chaises : Theonimus, le patron de la zone sud, l’esclavagiste des putains hongroises, qui a graissé, dit-on, au moins quatre brigades d’officiers, à commencer par cette crapule corrompue de l’inspecteur général Widmarck (à côté de la brune aux petits seins, là, oui, au fond).

Le silence. La séance qui s’annonce. Les juges, le jury, l’accusée. Ils prennent place. Premier coup de semonce par les procureurs. Et puis l’ennemi s’avance, Bill Laury, un avocat mercenaire qui, par ses accointances douteuses, a déjà frôlé la radiation plusieurs fois.

Patricio marque un pas en avant, lui aussi. Il dégaine en premier. Une salve brutale, il s’insurge, il déclame. Son argumentaire est simple, direct et puissant. Bill Laury biffe pas mal de paragraphes sur son carnet, rayant les thèses défensives qu’il ne pourra utiliser. Patricio enrichit alors un peu plus son plaidoyer par l’ajout de nouvelles pièces au dossier. Un témoignage inédit, deux photos, l’enregistrement d’une des 439 caméras de surveillance de la ville de Los Angeles.

Bill Laury recule. Puis il se ressaisit et commence à questionner l’accusée. Après sept réponses de sa part, Bill Laury l’a déjà fait se contredire deux fois. Il est habile et concis dans ses assauts. Son réquisitoire est éloquent. Patricio relit à toute vitesse quatre rapports d’unités d’interventions, ceux émis le soir même de l’homicide. Il recharge l’argumentaire.


4.

Quelques heures plus tard, le jury achève sa délibération. On peut les entendre, les douze hommes en colère, qui rangent leurs affaires ; Des chaises grincent, des vigiles se repositionnent. Lorsque les robes des magistrats reparaissent, de subtiles clameurs se murmurent. Et puis c’est le verdict qui foudroie, comme le canon des ancêtres. La joute oratoire est finie.


Auteur : Emmanuel G.
Par La Revue Moutarde - Publié dans : Hors-série Cactus Jack
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Samedi 2 mai 2009 6 02 /05 /Mai /2009 21:43
Ralph Edemption. Le nom claquait comme le fouet sur le dos d’un esclave noir, châtié pour avoir gâché une récolte de coton. La douleur envahit Jack au souvenir de cette vie passée à fuir la haine et la violence. Ces misérables créatures avilies par l’alcool et l’ignorance lui avaient volé ses plus belles années. A lui et à Rebecca. Cinq ans déjà. Leur seul péché avait été de s’aimer dans ce monde bicolore. Lui, le vagabond solitaire embarqué dans une guerre qui n’était pas la sienne. Elle, la plus belle métisse de la Caroline du Sud, issue d’un viol entre un riche planteur et une esclave que ses semblables vénéraient comme une princesse. L’exil ou le bûcher. Ils n’avaient eu d’autres choix que de fuir au Mexique. Au-delà du Rio Grande, la tolérance se joue à coups de dollars et de face de gringo. Et sa bonne tête de blanc remédiait à leurs problèmes d’argent. Du moins au début. Un couple aussi bigarré ne passe pas inaperçu, même dans les confins du désert de Sinaloa. Trois pistoleros avaient un jour franchi la barrière de son ranch. Sans mot férir, ils avaient sauvagement abusé de Rebecca pendant son absence. Ils étaient repartis avant le coucher du soleil, la laissant sans vie et éventrée. Le cadavre du bébé sorti prématurément des entrailles de sa mère gisait quelques pas plus loin. A son retour, il avait hurlé à la mort. Six jours à boire et à pleurer au milieu de ces corps tant chéris. A l’aube du septième jour, il les avait enterrés, tous les deux. Et enfourché son cheval. Rédemption. Il n’avait pas réussi à tenir sa promesse à Rebecca. Arrêter l’alcool et déposer les armes. Il avait failli. Mais il s’était juré que sa rédemption passerait par la vengeance. Une fois ces vautours déchiquetés par le plomb de son Remington. Rebecca le comprendrait. Rebecca était sa rédemption, même dans l’au-delà. Même si le carnage devait durer encore des années. Il les tuerait tous. Tous ces chiens galeux méritaient la mort. De Dieu ou de Satan, on verrait qui aurait le dernier mot. Rédemption.

La tombe trônait dans un coin reculé du cimetière. En partie caché par des arbres lugubres, l’endroit était propice à des activités illicites. Jack vit Johnny s’agenouiller et tâter la terre brune. «Le vieux ne t’a pas menti, souffla son compagnon d’armes. La terre a été fraîchement remuée.» Jack leva les yeux. La nuit n’allait pas tarder à s’épaissir. «Trouvons une cachette où se dissimuler en attendant ces hijos de puta», éructa-t-il, la haine baveuse, le poing crispé sur le cou d’un ennemi imaginaire. Le cactus, porteur de tequila joyeuse dans les cantinas, était impatient de cracher le feu dans les estomacs de blancs-becs déjà putricides à ses yeux. Seuls ces innocents ne le savaient pas encore.
«Jack, on peut encore tout laisser tomber et partir loin, suggéra, inquiet, Johnny. J’ai une bonne amie en Californie, elle nous aidera à nous installer.
-Va-t-en si tu veux, rien ne te retient ici, grommela le vengeur masqué par l’ombre d’une branche.
-Bordel, toi non plus! T’as débarqué après des années, comme ça, j’te croyais mort! Et tu te mets dans une merde noire, tu dézingues un shérif et tu te prends pour le sauveur d’un bled paumé où ne croupissent que des tarés et des pleutres! Jack, ressaisis-toi!
-Je ne t’en veux pas John, tu ne peux pas comprendre. Mais cette guerre est la mienne à présent. Je dois le faire, pour moi, et …
-Pourquoi tu veux crever comme un putois Jacky? En fait, non, t’es déjà mort, et depuis longtemps.
-Mais qui te dit que j’ai oublié de vivre, Johnny?
-T’es qu’un con, elle est morte Rebecca! MORTE! C’est pas en te bousillant que tu vas la faire revenir! Elle aurait honte si elle te voyait! HONTE! Tu m’entends?
-Ecoute-moi bien sale bouffeur de chatte vérolée, s’emporta Jack, la main au collet de son ami. Ne prononce plus jamais ce nom! C’est ma vie, c’est mon choix.»
Frères dans le sang, les deux J se toisèrent quelques secondes. Puis Jack relâcha son étreinte.
«-La mort, tu la fuis, elle te suit, tu la suis, elle te fuit. Et j’ai un plan. Are you with me Johnny?
-Si tu en réchappes, je t’abats comme une cow grabataire!
-C’est toi le co…barde!»
Deux rires tonitruants s’élevèrent alors dans les cieux, l’espace d’un instant, la joie et l’insouciance reprirent place dans le cœur de nos héros. Un moment qui se prolongea en-dehors de tout espace-temps. Cet instant qui précède la violence et la mort.

Un bruit dans les broussailles le réveilla. Sans doute un chien errant, voulut se convaincre Johnny. La tête dodelinante, ce guetteur venu d’un autre âge étouffa un bâillement. Les fesses endolories par ces heures perchées dans l’arbre, il esquissa un mouvement du bassin pour s’accommoder l’arrière-train. Dans la nuit noire, Johnny tenta de percer les mystères de l’Ouest. Comment Jack s’en sortait-il? Une pensée sombre l’assaillit. Et s’il était déjà six pieds sous terre? Il jeta un regard interrogatif sur la tombe en dessous de lui. Une silhouette venait de surgir des ténèbres. Deux autres apparurent à sa suite. Impossible de distinguer qui que ce soit, pesta Johnny. Mais au raclement d’une pelle sur une pierre et au scintillement d’une flamme d’allumette reflétée par une pioche, nul besoin d’éclaircissement. Les bougres étaient de retour. Restait plus qu’à attendre le signal. «Eteins-moi cette clope», maugréa l’un d’entre eux. «On n’y voit goutte, chuchota le fautif. J’voudrais pas me tromper de tombe.» Les pelletées se mirent furtivement en action. Johnny leva lentement son rifle et ajusta silencieusement le troisième larron resté à l’écart. «Rallume un peu pour voir, j’ai l’impression qu’on touche au but», glissa le grincheux. Une allumette à la main, son comparse s’approcha au plus près de la tombe. Une lueur surgit alors d’outre-tombe. La tête du fautif explosa en mille morceaux et aveugla de sang le grincheux. La terre se mit à gigoter et un cactus terreux sortit de terre. Une deuxième détonation illumina la nuit ensanglantée. Le grincheux ne pourrait plus jamais râler. Des dents giclèrent ici et là et un trou vint se former entre ses deux oreilles. Les pas de celui qui avait la mort aux trousses résonnèrent dans le silence glacial. Johnny arma, et tira. Plus rien ne vint troubler la quiétude des défunts. «Well done, Johnny, tu l’as tiré comme une caille!», s’extasia Jack qui peinait à s’extraire de la tombe. «Bloody hell! Le pire coup de ma carrière oui! Je voulais le blesser, pas le tuer. A qui on va tirer les vers du nez maintenant?», grogna Johnny, le popotin trémoussant à la descente de l’arbre. «Tant pis, rétorqua Jack enfin tiré du trépas. Regarde moi sur quoi j’avais mon cul!» Des caisses de lingots d’or brillaient de mille feux malgré l’obscurité. «Les preuves, on les a. Purcell Davies est dead, old boy, dead».

Auteur : Tristan

Par La Revue Moutarde - Publié dans : Cactus Jack sort ses colts
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Mercredi 8 avril 2009 3 08 /04 /Avr /2009 20:34
 Les hommes à qui la vie fait endosser le rôle de proie ou de chasseur se rapprochent de la bête. Les espaces trop clos ou trop ouverts les oppressent. Leur sommeil n'est pas celui du banquier dans son lit ou de l'or dans un coffre. Trop de gens avaient essayé de tuer Jack et lui, il avait traqué trop de crapules pour pouvoir dormir sereinement. Aussi, le cavalier qui approchait de son campement fut accueilli par le canon d'un colt et un "qui va là ?" qui ne rigolait pas. Jack se doutait qu'après la mort de Littlebone et l'attaque de la banque, les choses allaient s'emballer pour le meilleur ou pour le pire. Le dernier acte de cette dégueulasse tragédie venait de commencer.
" - Qui va là ? répéta Jack.
- Ta dernière voie vers le salut, lui répondit le révérend McCulloush.
- Qu'est-ce que vous faites ici seul ?
- Je viens sauver des âmes et des trous de balle. La ville voulait te lyncher. Tes manières de mauvais garçon ont fini par lasser tout le monde. J'ai réussi à les calmer et à leur faire croire que tu étais le seul à pouvoir les liberer de Purcell Davies et de toute sa bande. Mais je t'avoue que même moi, en ce moment, je me demande si le remède n'est pas pire que le mal, Jack. Il nous reste une dernière chance de donner un but à ton existence de bête sauvage mais tu dois me faire confiance aveuglement et faire vite."
Dans la nuit froide du désert, Jack scrutait le vieux visage du serviteur de Dieu à la lueur des braises du feu mourant. Pouvait-il lui faire confiance ? Puis, il examina son âme. Qu'avait-il à perdre ? Rien. Et à gagner ? Peut-être réussir enfin à faire la paix avec lui-même; peut-être finir enfin quelque chose pour une fois et arrêter de fuir.
" - Quel est le plan, révérend ?
- C'est très simple, Jack. Il faut que tu aies la bande, que tu les déloges de leur cache et apporte à notre justice très myope les preuves irréfutables du système de racket de Purcell Davies. La population ne sait plus à qui faire confiance. Ils sont prêts à se conduire enfin comme des hommes, mais ils ont besoin d'un signe. Tu dois être l'etoile de ces apprentis rois mages.
- Très simple, en effet. Mais vous oubliez un détail, révérend. Je n'ai même pas le début d'un indice sur l'endroit où ils se cachent.
- Tu es devenu trop sceptique, Jack. Je ne te blâme pas. Le chien qui a reçu trop de coups de bâtons finit par avoir peur des os. Figure-toi qu'une nuit au cours de laquelle je ne pouvais dormir, j'ai entendu du bruit dans le cimetière. Tu sais que mes fenêtres donnent dessus. J'ai jeté un œil par la fenêtre pour surprendre le fils de pute qui osait troubler le sommeil des morts. Je vis alors une silhouette trapue surmontée d'une tignasse rousse disparaître. Le lendemain, j'ai examine le cimetière et découvert la tombe d'un paroissien inconnu, sensé être mort il y a cinq ans. Or, je n'ai aucun souvenir de ce Ralph Edemption alors que je suis dans ce bouge depuis plus de dix ans. Je ne te fais pas de dessin...
- Pas la peine, Reverend, c'est clair comme de l'eau bénite.
- Une dernière chose, cow-boy. La population, en signe de soutien est prête a vous nommer shérif. Voilà l'étoile.
- Je ne suis pas de cette église la, mon père. Je ne sais pas ce que vaut la justice de Dieu, mais celle des hommes est une catin qui a le con plus large que cette étoile.
- Comme tu voudras, pèlerin. Bonne chance route."
Le bruit des sabots du cheval de McCulloush réveilla Johnny qui bondit sur son arme.
"- Qui était-ce ? marmonna-t-il la bouche pâteuse.
- Un ange, répondit Jack."

Auteur : Emmanuel H.

Par La Revue Moutarde - Publié dans : Cactus Jack sort ses colts
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Mardi 7 avril 2009 2 07 /04 /Avr /2009 21:17
          Au coin du feu Jack et Johnny ne parlaient pas. Ils savaient que cette fois ils avaient franchi un cap en tuant un shérif. Certes cette étoile percée avait accepté tant de pots-de-vin que même en en buvant le vin il aurait fait fortune en vendant les pots. En outre (qu'il était) il était trempé jusqu'aux os dans la farce dont Jack pourrait bien être le dindon. Mais ils l'avaient tué et ce que les autorités en retiendraient c'était qu'il était le shérif. Jack n'avait pas touché à sa gamelle, amer, Johnny, plus philosophe ou moins alerte avait quant à lui englouti ses haricots. Du bout des doigts Johnny frappait machinalement sur sa boîte de conserve. Jack l'écoutait. Il se mit à son tour à tapoter sa boîte. Il sourit. Johnny avait cueilli une herbe longue et fine et, pincée entre ses deux pouces, il la fit vibrer de son souffle puissant.
     Jack abandonna sa conserve pour une bûche qu'il frappait en rythme avec la crosse de son revolver. Il commenca à chanter:
" Mary est un python foireux
  Qu'est vénéneux, qu'est dangeureux,
  Qu'il faut fuir comme les chlamidyas!
  A bas Mary-couche-toi-là!"
     La nuit les enveloppait comme un manteau, dans le background un coyotte qui hurlait était le seul signe de vie. Même la rivière, qui coulait à deux pas de leur camp, semblait morte tant elle était muette. Johnny d'un bout de ficelle, de sa conserve et d'un bout de bois s'était improvisé un banjo et le grattait mélodieusement.
 "J'avais l'âme d'un nouveau-né
  Quand j'ai connu cette traînée
  Si lors je suis un salopard
  Parlez-en donc à ce cafard"
       Johnny soufflait dans une bouteille en regardant les étoiles figées dans leur course le temps d'une chanson. En accomplissant une tierce mineure il scrutait la grande ours. Jack conclut la rengaine:
  "Je suis peinard depuis qu'chuis seul
  Avec mon pot', mon feu, ma gueule
  Sous le ciel de mon beau pays.
  Reprends des haricots Johnny!"
     La musique avait toujours eu le don de les détendre, ils se sentaient mieux. Johnny lâcha sa bouteille et remit des fayots dans son banjo.
    
Par La Revue Moutarde - Publié dans : Cactus Jack sort ses colts
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