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Samedi 7 juin 2008
Un petit texte de Jérôme Perrot fait avant la naissance de Cactus Jack. A notre époque où tout, plus que jamais, est western, il trouve sa juste place aux côtés des aventures du cow-boy préféré des jeunes de 7 à 77 ans.

Récit de Cowboy *
*pour plus de sergioleonisme, gratter la mandoline, se déhancher, sur un air bien intronisé

Affalé au fond d’un saloon bruyant, qui sent la sueur et la poussière, entre les cartes gagnantes qu’on tambourine du poing et les danseuses, d’un déhanché parfumé annonçant torticolis et œil qui tourne, je graisse mon colt tranquillement, bien calé au milieu d’un plan-séquence. J’attends. Je mâchouille un petit morceau de bois qui assèche ma langue et ne me fait aucunement oublier l’époque bénie des westerns où l’on fume. J’attends quoi, au juste ? Les chuintements de l’harmonica qui annoncent le duel au soleil couchant que je livre une fois de plus contre ce maudit shérif.
Ce vieux renard de Tweenie – surnom que ses rares adversaires survivants lui ont donné du bout des lèvres n’est pas qu’un croulant, son colt affuté renifle les rifles. Et les échos des déflagrations, autrement dit « laisser parler la poudre » sont soudain si désuets. Musique étrange que ces morceaux de plombs à géométrie de tête de mort….justice de « pistolero échaudé » – comme on appelle parfois les lointain sosies cinématographiques des gens comme moi.
 J’irais survivre au scénario entre amis, priant que ce ne soit pas moi qui amuse les enfants de l’homme de loi local, croupissant derrière des barreaux au fond d’un lit.
Voici comme je vois mon avenir : un western d’un genre nouveau, si possible avec une fin à la gloire du méchant. Dans quelques mois, je réinventerais le mot farniente au saloon Cancoon, un parterre de bimbos à mes pieds et des pesos plein mes poches recousues, vieux roublard que je suis. J’espère que le prochain réalisateur aura l’art de l’ellipse ou celle de faire passer les personnages à qui il n’arrive rien au second plan, car c’est ce que je souhaite.
Le patron du Cancoon, qui a l’œil mauvais du Judas cinématographique, m’observe avec étonnement. Ma tête est mise à bon prix, certes, mais la surprise vient d’ailleurs : un ours mal léché comme moi, noirci de visage comme sous les ongles, qui écrit pensivement pendant de longues minutes, et ce sont plusieurs de leurs congénères témoins de la scène qui pensent de concert à réduire sérieusement leur dose quotidienne de tord-boyaux. Les figurants du saloon, eux, ne demandent qu’à débuter la bagarre. La bande-son, composée de hululements d’indiens et d’envolées de cuivre martiaux (d’ailleurs je n’ai jamais compris où ils logeaient après avoir vomi leur bruit… dans le désert ?) est assaisonnée par les traditionnels bruits de balle. J’espère qu’avant le mot fin, celui-là même, je puisse respirer sans un trou dans les poumons, ou –j’en rêve, le colt dressé – de dire à mon fils de n’être jamais cowboy comme son père.

Auteur : Jérôme Perrot
par La Revue Moutarde publié dans : Hors-série Cactus Jack
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Samedi 31 mai 2008
- « Son ? » répondit l’homme, troublé
- « Holy Ghost » firent-ils ensemble, visiblement gênés.
- Jamais vu un mot de passe aussi débile bougonna Jack.
- Je te le fais pas dire, répondit Mary
- Tu… tu semble pas surprise qu’on se retrouve ici, tu t’y attendais ?
- Ça fait deux jours que j’entends parler de toi dans les relais Jack, d’un espèce de paumé aux manières de brutes et à la braguette facile qui cherche des noises aux pauvres pèquenauds du coin. Pour tout te dire je suis surtout étonnée de te retrouver en vie. La corde pour te pendre est accrochée à un arçon de cette ville... Mais toi Jack, comment m’as-tu reconnue ? demanda-t-elle au bout d’un instant.
- C’est la moustache.
- Vas te faire foutre Jack !
- …
- …
- J’t’ai dans la peau Mary, y’a rien à faire. Dès que t’es dans le secteur j’ai la tocante qui s’emballe qu’on croirait qu’elle veut sortir pour piquer un sprint dans la sierra. C’est tout un rodéo dans ma vielle carcasse. Va pas comprendre de travers. T’es qu’une pute, une saloperie de vielle putain et je te pardonnerai jamais ce que t’as fait… Mais j’t’aimions Mary… et tous les complets vestons du monde pourront rien y changer…
- …Va te faire foutre Jack…
Entre-temps, ils étaient arrivés a l’hôtel, et Jack ouvrait une porte devant la jeune femme.
- Qu’est-ce que c’est que ce bordel ? fit-elle en entrant.
- Ben.. c’est ma piaule… répondit jack gêné. Y’a plus une chambre de libre dans cette foutue ville et… comme j’attendais un poilu… je pensais que ça le gênerait pas qu’on partage le même pieu…
- Te fatigue pas, cow-boy : t’as eu ta chance. Laisse tomber. On se retrouve au bar dans une demi heure, on a un job a faire.
Et attrapant son sac elle s’apprêtait a sortir. Mais au dernier moment, se ravisant :
-Et… Jack ?
-Ouaip ?
- T’es qu’un minable Jack, un pauvre minable.
Elle sortit en claquant la porte.

Auteur : Jean-Paul
par La Revue Moutarde publié dans : Cactus Jack sort ses colts
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Dimanche 27 avril 2008

Jack rengaina le soufflant. Le canon luisait, transpirant une vapeur âcre. Le métal encore chaud, venant d’éjaculer la mort dans la poitrine hirsute et crasseuse du chasseur de primes mexicain.

-Ce soir, tu mangeras des tacos en enfer, sucker

Le sheriff Douglas Littlebone observait la scène. Les poils de sa moustache frémissaient de plaisir, découvrant une dentition bistre et jaunâtre. Son haleine exhalait son cunnilingus matinal, sur cette putain apache vieille et édentée, aussi étroite qu’un crachoir du White Poney. Dans la fumée et la poussière balayant la ruelle, les entrailles du cadavre ouvraient leurs étranges motifs multicolores. Ce soir, en cachette, il scalperait le macchabée. Pour compléter sa collection.

Jack se rendait sur la grande place de la ville. Il allait attendre le convoi de diligences, en provenance de Boston. Il devait réceptionner son « colis » en mains propres. Il avait déjà en sa possession la dynamite, la carte du dédale souterrain de la mine et le mot de passe qu’il devrait formuler à l’intermédiaire. Le contrat s’annonçait bien.

En chemin, il fit la rencontre du banquier, Purcell Davies. Le notable avait eu vent des excursions nocturnes de Priscilla, sa plus jeune fille. En ville, il se disait qu’on l’avait vu plusieurs fois en compagnie de Jack, notamment aux abords de l’Eglise, au crépuscule.

Il souffla une colossale volute de son cigare dans la trogne hâve et poivrée de notre héros. Et puis il se déchaîna en d’interminables tirades contre cette perpétuelle corruption, ces penchants éthyliques et licencieux, ces goûts pour la destruction, le pugilat et la pyromanie.

Face aux invectives fielleuses de l’homme d’argent, Jack ne pipa point. Il remit en place son chapeau. Très lentement. Et il se pencha à l’oreille de Purcell.

-Vos injures m’indiffèrent, old man. Vous avez sans doute les billets de votre côté. Mais moi, j’ai une machette. Un de ces 4 soirs, je pourrai même être d’humeur à la barioler de vos gencives.

Jack avait pris sa tête de mauvais garçon. Même pour tout le pelage de ses progénitures, une hyène n’aurait pas pissé dans ses orbites. Jack se remit en marche, laissant Purcell Davies tremblant d’effroi.

Il arriva sur la grande place. Une pendaison se préparait. Celle d’un mulâtre coupable d’exister. Des familles s’étaient rassemblées pour assister au spectacle. Le juge Tyrone S.Porter énumérait des inculpations factices. Jack se posta en retrait de la foule. On cravacha le cul du cheval sur lequel le condamné attendait. Une déflagration accompagna le râle de colère de l’animal. La corde rompue, il partit avec son nouveau maitre. Personne ne s’interposa en voyant Jack recharger benoîtement son barillet. Seul le juge ouvrit le bec.

-Blood and guts, comment tu as pu oser ? Tu crois être la loi ici, vagabond ? A peine arrivé, tu sème le trouble et le chaos ?

Jack a ce petit sourire mystérieux, ce petit sourire qui du Yucatán aux grandes plaines de l’Ouest signifie tout un tas de problèmes à venir pour son interlocuteur.

-Tout ce que je sème dans ce trou à rats, Judge, c’est mes petites graines dans vos filles et vos femmes. Ca leur fait bizarre, d’ailleurs, d’avoir un vrai mâle entre leurs gambettes crottées de fermières. Quant à ce malheureux que je viens de sauver, c’était une simple rectification de justice. Il est bien moins coupable que le tenancier du White Poney qui fait grincer le sommier de ses plumards rouillés avec des fillettes indiennes, ou de votre adjoint soudoyé par tous les orifices de sa panse putride, ou de la Señora Gutierrez qui tient son bobinard en fouettant ses filles !

-Petite écumoire à foutre, on va te faire gicler le pus dégueulé qui te sert de sang et en peindre les murs des chiottes de la léproserie, et tous les bâtards qui jailliront des hymens crevés de nos catins seront condamnés à lécher ces parois !

Jack a ce petit sourire encore plus mystérieux, ce petit sourire encore plus mystérieux qui, du Yucatán aux grandes plaines de l’Ouest signifie tout un tas de mépris pour son interlocuteur.

-See you in Hell, bloody maricon.

Jack se retourne, ignorant les palabres.

Au loin, des canassons, des chariots, des cavaliers escortant le convoi, leurs Winch’ bien en évidence. Les fers des bourrins tambourinent sur le sol, un nuage de particules sablonneuses s’élève. Des hennissements de fatigue. La caravane s’immobilise. On sort les caisses de courrier, celles du ravitaillement en alcool et nourriture. Des passagers éreintés s’extraient des carrioles.

Une silhouette se dégage. Celle d’un homme richement apprêté. Il consulte sa montre-gousset tout en resserrant son monocle. C’est l’intermédiaire. Jack s’approche. Et puis il marque un temps d’arrêt, ébahi. Bien peu de gens de ce côté ci de la pampa ont pu vivre assez vieux pour raconter à quel point Jack fut frappé par la stupéfaction. Jack n’était pas homme à être surpris.

Il reprend son souffle, il veut taire le burin qui fourrage sa poitrine. Il s’avance vers l’homme.

-Father ?

Auteur : Emmanuel G.
par La Revue Moutarde publié dans : Cactus Jack sort ses colts
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Vendredi 25 avril 2008
  "Et pour commencer, c'est dimanche midi et le dimanche midi, un homme doit avaler son beefsteak",
se dit Jack en remontant son blue jeans qui retomba aussi sec. "Putain, Jack, regarde toi, tu te laisses
aller. Tu peux plus te battre comme ça tous les soirs. T'as plus l'âge. Faut être plus malin que ça.
Cette vieille hyène d'O'Hara et les deux chiots qui lui pendent encore à la mamelle, tu les auras en
temps voulu. Quant au fils du curé, cette petite pucelle qui se bichonne comme à son premier bal, il
faudrait encore qu'elle se découvre une paire de couilles avant de te causer des soucis. Mais même après
la leçon qu'elle vient de se prendre, la petite salope n'est peut être pas encore trop honteuse pour
t'envoyer une de ces vermines qui pour une bouteille de Bourbon et quelques balles sont prêt à vous trouer
la peau! Et Mary... Mary qui doit bientôt mettre au monde mon enfant...
Allez vieux serre les dents et trouve toi un steak."

    Sous le dôme argenté que la poussière portée par le vent d'Est forme quand le soleil est au
plus haut, Jack traversait la ville à la recherche d'une auberge où il ne verrait plus ces rats de
paroissiens lui jeter des regards craintifs et méprisants. Ce n'est que devant l'enseigne du Jumpy Rabbit,
dans un quartier où tous les bannis de l'ouest se retrouvent et s'entassent formant le maillon abject
qui sépare l'homme et l'animal, que Jack se dit qu'enfin il tâterait un bon vieux steak.

    Dès qu'il eut passé la porte mal repeinte du rade, une voix surgie du passé le fit stopper net:
"- Je ne t'attendais pas de si tôt Old Boy. Je te croyais encore assez aimable pour passer plus de deux
jours chez les bons samaritains avant qu'ils ne t'acculent dans mon aimable réduit!
- Le temps gâte tout, lâcha Jack, impassible, au seul homme qui se trouvait là, appuyé nonchalamment
sur le bar et qui le fixait de ses grands yeux verts avec un petit sourire au coin des lèvres.
- Fort bien, buvons alors au bon vieux temps! dit l'homme élégant en invitant Jack à s'assoir d'un large geste
du bras. Jenny, apporte nous mon meilleurs whisky.
Et tandis que Jack s'approchait du bar, il continua de sa voix de ténor, chantante et amusée:
- Tout fout le camps dans ce pays, Jack. Pense par exemple à l'alcool qu'on distille ici, le Bourbon. C'est
infecte et pourtant on trouve dans l' Ouest des choses bien pire. Non, je t'assure, je renonce, il n'y a plus
rien à sauver ici. D'ailleurs je fait venir mon whisky d'Irlande!"
Pendant ce temps, une jeune femme au large décolleté apparut portant sur un plateau une bouteille et
deux verres. De sa chevelure brune tombaient des boucles soyeuses qui lui couvraient les yeux qu'on
devinait à sa mine soucieuse fixés sur le plateau afin de ne rien renverser. Tandis qu'elle les servait,
l'homme reprit :
- Et toi Jack, que devient-tu? Te bats-tu toujours pour le bon droit?
Jack regardait toujours Jenny qui s'éloignait maintenant. Il articula lentement:
- La Justice est une catin!
- Mais toi un vieux garçon... lâcha laconiquement l'homme puis : Ce sont les fesses de ma femme que
tu regardes!
- Je vois que tu t'es rangé. Excuse-moi, j'ai peut être eu tort d'entrer chez toi! dit Jack en se levant.
L'homme le prenant par le bras lui indiqua de se rassoir.
- Non, nous buvons toujours au bon vieux temps! J'ai simplement dû changer de coté du bar pour survivre.
Les temps sont durs, et l' Ouest se déglingue. D'ailleurs les rumeurs de la ville m' apprennent que tout
ne va pas pour le mieux en ce qui te concerne! Je peux faire quelque chose pour toi, Old Boy?
- Comme au bon vieux temps? demanda Jack en souriant pour la première fois depuis que Dieu avait voulu
qu'il mette les pieds dans cette foutue ville. Je reprends du service, Johnny, j'ai besoin d'un job.
D'un job et d'un bon beefsteak!"


Auteur : Adrien


par La Revue Moutarde publié dans : Cactus Jack sort ses colts
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Mardi 1 avril 2008
Relevant la tête il s’aperçu qu’il était resté seul dans les rangs désertés du lieu de culte. Dépliant sa toujours robuste carcasse, il se dirigea vers la sortie, toujours perdu dans ses pensées. En passant la double porte de l’édifice, le soleil s’abattit sur sa nuque fatiguée comme un joug de plomb. Ainsi écrasé, se traînant comme un vieux bœuf solitaire, il descendit les trois marches du péristyle, se signa une dernière fois et cracha par dessus son coude droit, comme son père le lui avait appris. Son père… encore une belle ordure celui-là… le flot de ses pensées s’arrêta brusquement, le vieil instinct de la bête traquée prenait le dessus sur celui du placide et résigné ruminant. Les yeux toujours rivés au sol il sentait à ses côtés une présence hostile, lentement, toujours planté au bas des marches du temple, il laissa ses yeux balayer la poussière, tournant son regard vers la droite avec une immobilité de statue… petit à petit apparurent dans son champ de vision les pointes d’une paire de bottes impeccablement cirées, puis, accrochées à ces pointes, les reste des bottes en question, chaussés d’éperons à la dorure passée. Et là, sur la botte gauche, en plein sur le coup de pied, dégoulinant sur la graisse encore fraîche du cirage, une large tâche d’écume jaunâtre, semblant palpiter de la vie propre de milliers de bactéries. Royalement planté sur la chausse endimanchée, tel un furoncle sur la gueule du Bon Dieu : un crachat, son crachat. Lentement toujours, avec des ruses de sioux, ses yeux remontent vers une paire de jeans amidonnée, passent la boucle rutilante d’un ceinturon lesté de colts menaçant, s’attardent sur les plis savamment travaillés d’une chemise à carreau pudiquement couverte d’un gilet de cuir retourné, contournent la cravate texane, ignorent une mâchoire puissante rasée comme une putain, enjambent les lèvres plissées, glissent le long de l’arrête du nez et viennent se planter dans deux yeux de fer, douloureusement gris. Un instant plus tard ils ne voyait plus que des étoiles. " Non ! pas deux fois !" eut-il le temps des penser en un éclair. Alors, reprenant les vieux réflexes de naguère, Jack rejette immédiatement sa tête en arrière, évitant de justesse l’inévitable uppercut qui devait suivre l’inattendu crochet. Il sentit le poing inconnu passer à quelques millimètres de son menton, accrochant dans leur élan quelques boucles de ses cheveux grisonnants. Sans prendre le temps de réfléchir, toujours étourdi, et estimant la position de l’adversaire, il lance à son tour son poing en un puissant direct qui ne rencontre que la chair généreuse d’un biceps. « toujours un bleu de pris » se consola-t -il en rompant d’un pas pour prendre sa garde.

Ces quelques instants lui avaient permis de reprendre ses esprits, et relevant les yeux il pus enfin envisager dans son entier son nouvel adversaire. Grand, solide, soigné jusqu’au ridicule, un visage de brute ou se lisait la bêtise et le vice, un « à qu i on ne la fait pas », et qui visiblement n’appréciait guère qu’on crachat sur sa botte. L’instant d’après, le poing du susceptible paroissien se détendait à nouveau, mais cette fois-ci, Jack, près à le recevoir intercepte magistralement ledit poing dans une main de fer, soulevant l’enthousiasme de la population masculine de Tennessee Gulch rassemblée autour du pugilat, et les cris effrayés de la toujours trop sensible moitié féminine du public. Dans le m^me mouvement, s’effaçant sur la droite et accompagnant l’élan de son adversaire, il présente en ligne direct son propre poing sur lequel viens s’écraser le nez sus cité. Surpris par la rapidité de ce pas de valse improvisé, la brute s’effondre dans la poussière aux pieds de notre protagoniste.

Déjà, entraînant son costume du dimanche maculé de poussière et de sang, l’homme se relève et s’apprête à reprendre le combat. C’est alors que s’élève de la foule un cris impératif : « Emile ! veux tu cesser ! un Dimanche encore, on auras tout vu ! » le Pasteur Mc Culloush se frayait un chemin à travers les spectateurs et vint droit à l’homme au gilet : « ne t’ais-je donc rien appris ? Poursuivis-t-il sur un ton exaspéré. Rentre à la maison ! tout de suite ! ». excusez mon fils étranger, fis-t-il en se retournant vers Jack, il est un peu… impulsif. Croyez-en mon conseil étranger, ne vous attardez pas ici, deux bagarres en 24 heures, cette ville ne vous vaut rien. Disparaissez ! ». Et sans ajouter un mot le pasteur tourne le dos et s’en retourne à ses occupation, tandis que lentement, Emile s’efface à reculons dans la foule, l’œil bas et le regard mauvais.

« Disparaître ? encore ? murmura l’étranger in peto et pour aller où ? non, décidément, il faudra que cette ville m’accepte… ou que j’y laisse ma peau. Je suis las de fuir". Fuir son passé, fuir Mary, fuir Bill, se fuir lui même. C’était fini tout ça. Revigorer par sa peu glorieuse victoire, Jack avait pris sa décision. Fini de tourner le dos, désormais il allait faire face, quoi qu’il en coute. Sa place dans ce monde ingrat il se la ferai à la force des poings, comme il l’avait toujours fait, épaulé par sa seule foi en le bon droit et son toujours fidèle Smith et Wesson. Et God damn it ! On verrait bien ce qu’on verrait !

Auteur: Jean-Paul
par La Revue Moutarde publié dans : Cactus Jack sort ses colts
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Lundi 31 mars 2008
              Aucun « Ding » ne répondit au « Dong » de la cloche dont un inconnu avait volé la moitié quelques années auparavant, la messe était dite et, sans se presser, une foule moustachue sortait de l'église de bois. Agenouillé sur un prie-dieu Jack était seul et sirotait un cocktail de pensées brumeuses et sombres:
               « Bloody hell! »pensa-t-il avant de se signer en guise de repentir pour son juron. « Me voilà bien embarqué une fois de plus. Jack, mon vieux faut se sortir les bottes du fumier, se dit-il à lui-même. Tu ne peux pas continuer à traîner ton alcoolisme de ville en ville en espérant trouver dans le cul d'une bouteille la solution à tes problèmes. » Il ne fut pas alors exactement fier de faire le parallèle entre la bouteille et celle qui l'avait plongé dedans. Elle était blonde comme les blés, et comme les blés elle n'avait jamais été aussi belle qu'avant d'être fauchée. Le moissonneur qui l'avait fauchée s'appelait Bill Treefalley, un cafard prétentieux chez qui la grossièreté le disputait à l'illettrisme. Son bon sens sonnant et trébuchant avait du lui valoir les faveurs de la blonde, à moins que ce ne fut son jeu de pistolet réputé dans tous les bordel du sud du Texas. Jack était amer en pensant ainsi et même, il se trouva injuste. Le hasard avait voulu qu'il découvre le même jour que Mary était enceinte et que Treefalley avait posé sa main débonnaire sur la jeune fille aussi ne pouvait-il penser à cette histoire sans que ne monte en lui une certaine envie de descendre aux enfers claquer le beignet de ce diable malicieux qui s'amusait à lui pourrir la vie. Il avait de ce jour pris la décision courageuse de découvrir une ville où nul n'avait entendu parler ni de Mary, ni de Bill et riche d'une soif inextinguible il s'était mis en route.

Auteur: Antoine.

Je dois retoucher tout ça mais je n'ai pas le temps pour le moment, je m'en occupe très bientôt mais de toutes façons je ne m'occupe que de la forme, l'histoire ne changera pas, sauf si vous y tenez. A bientôt.
par La Revue Moutarde publié dans : Cactus Jack sort ses colts
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Lundi 24 mars 2008

Au prix d’un effort comme on n’en faisait pas deux dans une même journée, l’homme parvint péniblement à se remettre droit sur ce qui lui restait de son cul, et à saisir la choppe qu’on lui tendait. La surface polie de la tasse en fer toute cabossée lui permit de voir que son visage ne l’était pas moins... O’Hara avait donc fini par le retrouver. La trace violine qui enflait au bout de son menton en disait long sur le sort que lui réservaient l’Irlandais et ses deux frères, Bobby et Bruce...
Une violente douleur vint lui tirailler l’estomac, là où s’étaient abattus les coups, tandis que son crâne semblait lesté de quelques tonnes de plomb. Le tout lui fit oublier de demander à McCulloush par quel foutue intervention divine il avait pu rééchapper de la trempe qui lui semblait promise, une fois qu’il s’était retrouvé les quatre fers en l’air et la gueule dans le coton. A la place, il attrapa une bouteille de cherry qui passait par là, en versa une razzia dans son café puis avala d’un trait le mélange. Du jus de pétrole aurait paru moins fade, et on n’aurait pas accepté d’en reboire même sous 40° en plein désert du Névada. Mais au moins, il avait les idées claires et assez de force pour se caler au fond du lit et regarder le vieux qui lui avait sauvé la vie...

Trois mètres plus loin, McCulloush s’était levé et se passait son ceinturon. Deux Smith & Wesson brillaient, un sur chaque flanc, la crosse en ébène tournée vers l’avant et le canon d’argent fraîchement astiqué bien calé au fond du cuir. Ce ne fut pas avant d’avoir fini d’ajuster son col blanc que le vieux se retourna pour regarder de nouveau l’étranger. Ses yeux enfoncés dans leurs orbites scrutaient le moindre mouvement du blessé, seul son pouce gauche venant essuyer maladroitement la bave qui suintait de sa lèvre supérieure. Puis il ravala sa bile et prit en premier la parole :
- Ils allaient t’écharper, l’ami... Je sais pas ce que tu leur as fait, mais le plus grand avait sorti une lame de trente centimètres et allait te dépiécer au milieu de la grande rue, pour sûr ! A l’heure où on cause, tu serais plus qu’une flaque de tripes si le marshall n’était pas intervenu.
Une fois habillé de sa chemise couleur suie et de son col couleur ivoire, il ne faisait plus guère de doute que le vieux McCulloush n’était rien d’autre que le révérend de l’unique église du comté.
- Tu comprends, on ne vous connaît pas, vous autres, mais j’apprécie pas que le sang coule un dimanche. C’est le jour du sermon, mon sermon, et j’ai pas pour habitude d’enchaîner par une messe funèbre. Ca gâte le goût du whisky !

Auteur : Clément (soyez indulgent, c'est une première)

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par La Revue Moutarde publié dans : Cactus Jack sort ses colts
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Dimanche 23 mars 2008
- Prends ça, rascal! Sac à gnôle!
Le géant roux, avec la sauvagerie et la violence d'un grizzly abbatit son poing droit qui vint heurter sa mâchoire. Ses deux acolytes s'apporchèrent et lui infligèrent d'inouïs coup de pieds dans les côtes. A ce moment, l'étranger vit au-dessus de lui, dans le ciel, les étoiles se mettre à danser, avant de s'éteindre lentement.


********

- Où suis-je ? se demanda l'homme tout en ressentant une horrible douleur à la tête et aux côtés, comme si un troupeau de bisons lui était passé dessus.
A travers le bourdonnement comparable à celui d'une ruche qu'il entendait en permanence depuis son réveil, une voix lui parvint :
- Tu te demandes sans doute où tu trouves. Apprends pied-tendre que tu te trouves chez le bon vieux McCulloush. Apprends aussi que l'alccol est la pire des chiennes.
-  Merci pour le sermon, old timer, gromella le blessé en essayant de se relever.
- Tiens prends cette tasse de café, tu en as bien besoin.

Auteur : Emmanuel H. (retravaillera son texte plus tard)

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par La Revue Moutarde publié dans : Cactus Jack sort ses colts
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Samedi 22 mars 2008
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Seule une silhouette imposante se découpait dans un contre-jour mystérieux. Dans les derniers rayons rougeoyants du soleil couchant, les particules de poussière voletant autour de l'inconnu formaient un halo mystique, propre à susciter la curiosité, sans toutefois dissiper une tension naissante. Le silence n'était troublé que par les notes de musique pianotées par McCulloush provenant du fond du saloon. Le "cling-cling" soudain d'éperons en marche se joint bientôt à la mélodie. L'homme se dirigeait vers le comptoir d'un pas asuré.
-"Une tequila", articula-t-il.
D'un geste méprisant, le barman jeta son torchon sur l'épaule et attrapa une bouteille. Tout en lui servant un verre mesquin, Bud ne cessait de toiser ce client atypique d'un regard inquisiteur.
"-Fait pas bon traîner par ici étranger", grogna le barman.
Sans tiquer aucunement face à cette menace à peine voilée, le voyageur venu de nulle part contempla son verre un instant, les yeux perdus dans un fond de tristesse virile. Puis sa main se dirigea lentement mais sûrement vers le breuvage, agrippa sa proie et s'éleva dans l'air comme un aigle arrachant un nourrisson aux bras de sa mère. D'un trait, le buveur effaça cette image macabre et déglutit profondément. Et sans un coup d'oeil vers rien ni personne, il fit de nouveau claquer ses bottes noircies par toute la misère accumulée sur son chemin et franchit en sens inverse la porte battante du bar, de nouveau prêt à affonter les épreuves, passées et à venir.

Auteur: Tristan
par La Revue Moutarde publié dans : Cactus Jack sort ses colts
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Mardi 18 mars 2008
"-Putain les gars, ma chique à un drôle de goût", fit le vieux Sam accoudé au coin du comptoir, la
voix étranglée. Sur ces mots, dans une grimace inimitable, il déglutit, racla sa gorge et propulsa à travers l'atmosphère enf umée du saloon une vielle chique qui, après une trajectoire impeccable, fit résonner le vieux pot d'étain comme un glas funèb re. Ayant attendu respectueusement que le dernier écho s'éteigne dans le silence profond, Bud, le barman, essuyant dstraitement un verre que son vieux torchon rendait plus sale à chaque rotation de son poignet usé laissa laconiquement tomber ces quelques mots: "Ouaip", et-après quelques instants, quelques tours de chiffon crasseux: "Y'a quelque chose de pas catholique ce soir, quelque chose d'étrange, de pas commun..." Et tous les regards de se tourner vers le poussiéreux immobile.

auteur: Jean Paul
par La Revue Moutarde publié dans : Cactus Jack sort ses colts
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