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Mercredi 25 février 2009

"-Non Johnny je ne remets pas mes pieds dans ces bottes! Ce foie-jaune a fait dans son froc avant de passer l'arme à gauche. Et puis ne t'occupe donc pas de mes odeurs et revenons au plan si tu veux bien.
-Moi je veux bien mais elles se posent là tes odeurs!
-Bon bah ca va aller maintenant!
- Mouais.
-Bon! Le plan.
-...
-...
- Ah non Jack..! Désolé mais tu daubes plus qu'un putois crevé et pourtant on est au grand air. Je peux pas penser, je me sens plus réfléchir"
               Jack se leva en blasphémant, puis se dirigea vers le puit par-dessus la margelle duquel il entreprit de hisser le seau. Il s'exclama à l'attention de Johnny : "Travaille donc au plan, Princesse! Ah je t'en foutrais moi des odeurs! Monsieur Johnny-la-gerbe-au-comptoir a l'estomac sensible. Flatulencing Johnny a le tarin aristocratique! Nom de Dieu de nom de Dieu!"
Johnny voyait bien quelques vérités dans les propos de Jack. Dieu sait que les odeurs il pouvait en supporter quelques-unes mais, pour le moment, son but n'était pas de respirer plus librement mais de changer le plan de Jack pour le faire sien. Oh, les deux n'étaient pas si différents. Le plan de bataille, que plus simplement ils appelaient "le plan", était concocté de la veille. Jack avait parfois des moments d'extralucidité pareil à ceux qu'ont les vraies voyantes mais ce bon vieux Jack, pour qui les flux divinatoires n'étaient pas familiers, s'aidait d'une forte dose de gnôle pour les atteindre. Ainsi, aussi raide qu'une bite de pendu pouvait-il percer les arcanes de cette science exacte. La trouble cérémonie accomplie, ils s'étaient écroulés comme des arbres dans la tempête.
C'est le lendemain matin en allant pisser que Jack avait eu l'idée. Il cherchait quelque chose pour s'essuyer les doigts qui avaient été druement arrosé, dans la hâte dont il avait fait montre pour accomplir cette vile mais nécessaire besogne. Son pantalon et sa chemise étaient trop sales pour qu'il osât y mettre la main mais en fouillant dans ses poches il trouva le brouillon du plan confectionné la veille et tout lui revint en mémoire. Jack voulait passer par les conduits de l'ancienne mine qui passait sous la ville et plus particulièrement sous la banque, de là, piquer l'or à grand renfort de dynamite. Ce n'était qu'un plan plus que banal qu'il avait repiqué au Kid Dynamite* mais là où on pouvait reconnaitre le génie de Jack c'est qu'en suivant les boyaux de la mine à la poursuite des voleurs, les étoilés tomberaient tout logiquement sur la bande de bras cassés contre qui Jack avait une dent. Pourquoi sur eux et pas sur Jack? Parce que Jack, lui, serait caché dans une galerie qui parait bloquée par les éboulis mais dont une pierre, plate et suffisamment peu lourde pour être soulevée par un homme, peut révéler l'entrée. Entre logique et flair, le tunnel de la banque mène assurèment sur le repaire des brigands et si on ajoute à leurs gueules à gibet, l'or qu'ils avaient sous le coude pour saler les mines du coin, ils étaient cuits. Jack aimait ce genre d'équation où ayant trop d'ennemis et pas assez d'or, il obtenait finalement, de l'or et beaucoup moins d'ennemis. Seulement ce que Johnny voulait changer du plan de Jack, c'était qu'au lieu d'arriver sous le coffre secondaire de la banque, ils arriveraient sous le principal, point sur lequel Jack avait été intransigeant la veille. Johnny aimait bien l'or mais il préférait beaucoup d'or. Aussi, pendant que Jack se lavait les pieds en gueulant, Johnny en profita pour remplacer, sur le plan, l'emplacement des deux coffres. L'ayant fait, il sourit et regarda Jack qui s'essuyait les pieds dans les herbes hautes:
"- Alors? Arrives-tu?
- Tiens, Johnny-Fait-Sous-Lui est pressé maintenant."
Jack était de meilleure humeur après avoir maudit son ami sans que celui-ci me répliquât, ce qui n'était pas si fréquent avec cette grande gueule de Rotten-Teeth-Johnny. Il lui tapa dans le dos et se pencha sur le plan en lui disant:
  "-Comment ca se passe avec ce plan?
  -Si j'en crois ce que tu as écrit, ca commence là", dit Johnny en pointant le doigt en direction du puit.

*voir dans la même collection Un Cactus dans la soupe.

Auteur : Antoine
Par La Revue Moutarde - Publié dans : Cactus Jack sort ses colts
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Samedi 21 février 2009
La plaine silencieuse, était surplombée d’un ciel rougeoyant, qui annonçait le proche lever du soleil. La nuit laissait sa place aux premiers rayons du jour, qui dévoilaient l’absence de toit de la bâtisse. A l’intérieur, nos cow-boy dormaient d’un profond sommeil. Leurs ronflements étaient si forts, que tout coyote aurait pris peur à l’écoute de ces borborygmes insoutenables. L’air vibrant du fond des trachées, et la bouteille de whisky vide, étaient des indices qui ne trompaient pas ; la nuit avait été grouillante de conversations, de souvenirs ressassés et de « cul sec old boy ! », dont les rots, et la délectation des papilles se seraient perdus quelque part, dans la bâtisse de torchis moisi. Déjà, le soleil était bien haut, quand un bruit sourd éveilla net Jack.
« - Réveille-toi, et prépare tes demoiselles aux six trous » ordonna-t-il à Johnny qui gémissait de mécontentement. Il s’approcha de la fenêtre, ou du moins de ce qu’ il en restait, et contempla la plaine, dont le vide sonore abyssal se remplissait peu à peu de ce qui ressemblait bien au roulement d’un galop effréné. « Ca sent le pas net » pensa-t-il. Il empoigna Johnny, qui n’eut pas le temps d’émettre un de ses bâillements matinaux, qui avaient la réputation de faire fuir même les prostituées  les plus coriaces. L’instinct de Jack ne l’avait pas trompé, car un homme bedonnant, affublé d’un sombrero fourchant un Pinto, une winchester lacée dans le dos, s’approchait de la maison. Sans se méfier, il descendit de sa monture, déficela une maigre besace, et avança claquant ses éperons bruyamment. Franchissant la porte d’entrée au bois effrité par les tourments du temps, un clic caractéristique du chargement d’une arme, retentit à ses oreilles. « J’te conseille de la jouer plus mollo maintenant, si tu veux pas que mon copain qui est de très mauvaise humeur t’en loge une entre les deux yeux ». Devant lui, se tenait Jack, les bras croisés, et Johnny braquant leur invité surprise. Dans son regard, on pouvait effectivement percevoir toute la haine dirigée, et contrôlée avec peine, contre ce muchacho qui l’éveillant, avait par la même déclenché les maux de tête, si caractéristiques des lendemains de bourgades éthyliques.
« Pitié Señor, je n’ai rien fait, je ne savais pas que cette maison était habitée.
- Et en plus tu demandes pitié. Il a l’air d’en avoir mon copain ?
- Pitié, je ferai tout ce que vous voudrez
- Commence pas à marchander, t’es pas en état je crois. Dis-nous d’abord qui tu es et d’où tu viens.
- Pitié señor, pit… » Un coup de feu était parti du colt de Johnny. La balle s’était logée entre les yeux de sa victime… comme promis…
- Ben… Johnny ?… Pourquoi t’as fais ça, il pouvait nous servir !
- La pitié c’est pour ceux qui boivent de l’eau » dit-il, rangeant son arme encore fumante, et se dirigeant vers ce qui restait du vaquero. Aux côtés du corps étendu, sa besace laissait entrevoir un bout de papier usé. Johnny le tira à lui, et découvrit la tête de Jack griffonnée dessus, avec une récompense de 1000$ en dessous. « Là je crois qu’ils commencent à s’ impatienter. On a eu beaucoup de chance d’être tombé sur un abruti qui n’a pas eu le temps de te reconnaître, trop occupé à décharger son dernier repas dans ses jambières
- Arrachons-nous de ce rade pourri, on y est resté trop longtemps. Occupe toi du cheval, moi je m’occupe de ses bottes ». Johnny s’exécuta. Jack, une fois botté, inspecta le reste de la besace, et découvrit un autre papier rongé par la moisissure causée par l’insipide sueur encore ruisselante du muchacho. Sur celui-ci, on pouvait voir le visage de Johnny, avec la récompense de 200$…

Auteur : Elodie G.


Par La Revue Moutarde - Publié dans : Cactus Jack sort ses colts
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Lundi 16 février 2009
Un cavalier solitaire avance dans la steppe. C'est la nuit et un petit quartier de lune trace les contours tranchants comme des rasoirs des rocailles et donne aux cactus une silhouette fantomatique. Il y a quelques miles, le cavalier s'est éloigné de la route pour ne pas être aperçu. Il rumine ses pensées auxquelles ne répond que le chant des coyotes. "J'aurais du prendre un quignon de pain et un de ces petits fromages qui vont bien. Heureusement Johnny pense toujours à tout!" Il distingue à présent la courbe d'un pont qui se détache de la poix de la nuit. "S'il ne baisse pas d'un ton, il va se prendre deux plombs dans le foie, ce chacal! Y'a pas moyen de s'entendre penser ici..." Et alors qu'il s'approche du pont, il entend derrière lui un cheval s'approcher:
"- Suis-moi Old Boy, il y a une ferme abandonnée à deux pas d'ici ou nous serons tranquilles pour tailler une bavette !
- Salut vieux frère, content de te voir!" Jack se réjouit en lui même : "Héhé, on peux toujours compter sur ce vieux Johnny!"
Et pendant que les deux cavalier traversent le pont et s'éloignent dans un sentier étroit comme le cul de la vieille Nina et clair comme celui du diable, Johnny reprend la parole: "- L'affaire tourne mal en ville Jack, il y a deux jours j'ai surpris au saloon la conversation d' O'Hara et de Purcell Davies le banquier. Les deux hommes étaient furieux, ils ont vidé une bouteille de scotch au comptoir, verre sur verre. Après ils ont parlé d'un sabotage qui retarde le déroulement de leur plan. Ils sont sortis en menaçant à voix haute de pendre par les tripes l'enfant de salaud qui piétine leur plate-bande puis ont tabassé deux blancs-becs qui ont eu le tort de se trouver dans la rue ce soir là! Le lendemain, ils ont couru le pays pour enrôler tous hommes capables de porter un fusil pour trouver et descendre celui qui a fait sauter leur mine. Je me suis renseigné et je crois qu'il y a des gros bonnets qui t'en veulent, des gens haut placés, qui ont du pouvoir... T'as la merde au cul Jack!"
Les deux hommes étaient arrivés dans une petite bâtisse dont le toit était à moitié écroulé. Dans l'unique pièce au mur couvert de torchis moisi là où il n'était pas arraché, seule une table et quelques chaises formaient le mobilier. Jack voyant qu'il n'y a ni poêle ni réchaud se dit qu'il avait eu tort de crier victoire pour cette bavette. Il répond alors:
"- Je n'ai jamais senti cette ville, les gens ont la mine basse, il y a comme une odeur de pourriture qui se dégage de partout. Les chacals et les fils de putes font leur nid là où le bon droit a fait ses valises!
- Je ne sais pas encore qui t'as engagé pour faire sauter cette mine, mais à tous les coups, c'est quelqu'un de bien renseigné. Je n'ai eu affaire qu'à un intermédiaire, l'homme au monocle de la caravane.
- A propos, tu m'as dit que tu a croisé Mary.
- Ah oui, ce foie jaune à mamelles est revenu sans toi. Elle a dit que tu étais mort pour empocher toute la prime! "
Jack se dit que parfois Johnny lis dans les pensées et s'exclame:
"- Quelle salope, j'vais lui mettre mon poing sur son joli tarin! Elle s'imagine peut-être qu'elle peut faire quelque chose sans moi! Mais elle n'est rien sans moi, Johnny! J'te l'dis, moi, rien! Va falloir que je mette les points sur les i dans cette foutue ville. Ces cochons se croient intouchables depuis le temps qu'ils pataugent dans leur propre merde. Ils n'auront même pas le temps de couiner, tout occupés qu'ils sont à fourailler sous les jupes des catins, quand Jack Cactus sortira ses colts!
- Je suis avec toi sur ce coup là, Old Boy.
- Toi! Mais t'es trop vieux, tu ne sais même plus tenir une winchester! raille Jack. Qu'est ce qui te prend?"
Johnny sort de sa besace un pâté de lapin, un pain de douze et une bouteille:
"- Héhé, toujours çà que les cochons n'auront pas. Tiens buvons un coup! L'autre soir en rentrant du saloon je me suis surpris à repenser à ma première femme, tu sais celle qui ne mouftait pas! A cette époque on y croyait, continue Johnny une tranche de jambonneau entre les mains. On pouvait passer deux jours à cheval sans dormir, s'envoyer trois bouteilles, aller voir les filles et le lendemain descendre une douzaine de fils de pute avant que midi sonne! Et tout le monde s'en trouvait mieux, du bon droit au ténardier en passant par la fille de l'épicier.
- Passe moi donc cette bouteille! Je vais boire à la santé de la descendance de l'épicier, car après tout c'est moi qui lui ai fait du bien. Il te reste du salami? Toi t'as fini au bordel ce soir là, t'était trop bourré pour expliquer aux filles comment aller chez toi!
- Ah oui les femmes... On en a butiné quelques unes!
- Tu sais moi maintenant ça ne me fait plus rien. Même Mary qui me faisait des yeux doux dans la mine je te l'ai renvoyée comme ça! s'esclaffe Jack en envoyant un os de poulet par le trou du toit.
- Tiens à propos, je me souviens qu'à l'époque, ma femme disait qu'elle avait gâché sa jeunesse avec un alcoolique et un obsédé. Bon l'alcoolique c'est surement moi, mais tu sais c'est qui le pervers? Tu l'a connue toi à l'époque, non?
Alors Jack se compose un petit sourire, un sourire d'arracheur de dents qui dans tout l'Ouest signifie qu'il raconte n'importe quoi, un sourire qui ne peut tromper qu'un ami peu suspicieux, et répond: - Je l'ai connue, je l'ai connue, c'est beaucoup dire. En fait, je crois que t'es le premier homme qu'elle ai eu...
- Ah... bon.

Auteur : Adrien
Par La Revue Moutarde - Publié dans : Cactus Jack sort ses colts
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Lundi 16 février 2009
Alors Jack prend un bâton et monte silencieusement l'escalier. Il jette un coup d'œil par l'entrebâillement de la porte et aperçoit une femme aux grandes boucles brunes qui lui tourne le dos toute occupée à regarder on ne sait quoi. "S'il y a des botte là-haut, cette bourrique s'est mise entre elles et moi!" Il s'approche à pas de loup, le bâton brandi au dessus de la tête et de toute la rancœur que lui inspire Mary lui assène un coup bien senti entre les deux oreilles. "Bon, ça c'est fait. Mais où est-ce qu'il les cache ses maudites bottes?"

Pendant qu'il les cherche dans ce bureau crasseux, mais trop bien meublé et avec trop de paperasse pour etre celui d'un simple cordonnier, la jeune femme reprend un peu ses esprits et laisse échapper un geignement. Jack se retourne, la voit la tête entre les mains et la reconnait: « Mon dieu, j'ai assommé Jenny! » Mais Jack qui n'en était plus à sa première savait exactement ce qu'il devait faire. Il s'agenouille auprès d'elle, lui soutient le dos et lui dit:
"-Jenny, reviens à toi mon petit!
-Mais qu'est ce qui m'est arrivé?
-J'étais en bas quand j'ai entendu un coup suivi d'une chute! Je me suis précipité en haut où je t'ai trouvée étendue alors qu'un fils d'apache sautait par la fenêtre! Je n'ai pas pue lui tordre le cou mais si je le revois, il va regretter d'être sorti du cul de la catin qui lui sert de mère! Mais toi que fais-tu là?"

Et tandis qu'il l'aide à s'assoir elle reprend d'une voix faiblarde:
"Il y a deux jour Johnny m'a envoyé ici pour enquêter sur une affaire qui le turlupine et il m'a donné ça pour vous. Je ne pensais pas tomber sur vous si rapidemant...
- Et pour sûr, moi non plus!»

Elle lui tend une enveloppe qu'il s'empresse d'ouvrir, et en sort une liasse de dollars et une lettre:
"Jack,
Ce matin, Mary est revenue à la ville sans toi. Trouve toi un cheval et rejoins moi le 18 à minuit sur la route d' Elk City au niveau du pont qui surplombe la Washita où je t'en dirai plus. Mais surtout veuille à ce qu'il n'arrive rien à Jenny!"

C'était le lendemain.

Auteur : Adrien
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Dimanche 8 février 2009
Chapitre XVI : Une village fantôme

Au premier coup d'oeil, personne ne l'attendait, mais la vie, qui avait été le grand professeur de Jack, lui avait appris à ne pas se fier aux apparences. Jack déboucha dans ce qui devait autrefois être la rue principale. Ce n'était la foule des grands jours. On se serait cru à l'enterrement d'un shérif. La peinture s'écaillait lentement le long de mûrs aux planches disjointes. On différenciait les quelques vitres pas encore brisées des autres à la poussière les rendait opaques. On n'entendait que le vrombissement du vent et parfois le claquement de porte ou le chuintement d'un buisson que les bourrasques avaient arraché.
˵ Encore un des ces villages abandonnés après le gold rush*, grommela l'assoiffé. Ce n'est pas ici que je trouverai de quoi me rincer la gorge de toute cette poussière que j'ai avalée. Restons tout de même vigilants, car si on ne trouve plus d'or ici, on pourrait bien y recevoir du plomb. ˶
Il se dirigea vers ce qui semblait avoir été, dans une autre vie, l'échoppe d'un cordonnier. Ce périple dans le désert avait mis à mal ses pieds. Il était vital de trouver de quoi se chausser vu la trotte qui l'attendait pour rentrer.
Jack poussa doucement la porte qui s'ouvrit lentement en grinçant bruyamment. S'il y avait quelqu'un dans ce village, il ne pouvait plus ignorer que quelqu'un venait de pousser la porte de la boutique de Ben Humpington, qui manifestement, ne s'était pas donné la peine de la graisser avant de mettre les voiles. Il fallait espérer qu'il ait aussi laisser de l'ouvrage pour un éventuel retour.
Jack resta un moment sur le seuil de la porte à attendre que ses yeux se soient habitués à l'obscurité qui régnait dans cette boutique. Il fit bien car un scorpion qu'il n'avait pas vu passa précipitamment devant lui et alla se réfugier sous un meuble. Un peu plus, et Jack posait son pied nu dessus. ˵ Quelle mort stupide cela aurait-été, clabauda Jack. ˶
Il jeta alors un regard sur ce qui s'offrait à ses yeux. Soit Miss Humpington avait une conception bien à elle du rangement, soit cette échoppe avait été visitée depuis son abandon. Les meubles étaient renversées, ceux qui disposaient de tiroirs en avait été privés et ces derniers avaient été vidés de leur contenu. Par terre, on pouvait, dans l'épaisse couche de poussière voir que quelqu'un était venu récemment. Tout d'un coup, le regard de Jack se figea. En plein milieu de la pièce, se dessinait très nettement des emprunte de pas qui se dirigeaient vers un escalier qui donnait vers l'étage supérieur... et qui ne se redirigeaient pas vers la porte ! Soit la personne était entrée par la porte et sortie par la fenêtre, soit, quelle que soit son identité, elle était là-haut, morte ou vivante...


* La ruée vers l'or de la Californie, qui commença en 1848.



Auteur : Emmanuel H.
Par La Revue Moutarde - Publié dans : Cactus Jack sort ses colts
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Dimanche 8 février 2009
"- mon pauvre vieux, te faire berner par une demi-diablesse en jupon! Que je l'attrape et elle va comprendre qu'on ne se moque pas impunément d'un homme de ma trempe. En attendant mon poing sur son joli tarin, il faut que je me dépatouille de cette mélasse, des heures que je marche dans ce putain de désert. Plus de bottes, plus de cheval, un peu de gnôle... Elle a même piqué mes flingues, la garce! Remarque... c'est pas étonnant, l'est futée cette gamine, elle a bien mené son coup, c'était du sur-mesure ce qu'elle m'a fait là, c'est pas du corned beef qu'elle a à la place du cerveau, pour un peu..."
Le cours de ses pensées romantiques fut interrompu par la présence perceptible à l'horizon du village, il allait pouvoir remettre ses idées en place et ses pieds dans des bottes.
La caboche encore engourdie, il pensa tout de même aux difficultés qui pouvaient l'attendre à Tenessee Gulch : Mary s'était-elle associée à quelques gredins de bas étage, de ceux qui crachent loin mais tètent encore leur mère? Un comité d'accueil des plus vicieux pouvait l'attendre également : Jack ne manque pas d'ennemis mais d'un calibre.
Pourquoi Mary avait-elle agi ainsi? Ils étaient pourtant bien tous les deux, planqués l'un contre l'autre, il avait perçu à plusieurs reprises des signes qui ne trompent pas chez le sexe faible : des yeux langoureux et un peu trop humides pour ne pas être dénués de désir par exemple. Mais cette fieffée salope l'avait trahi pour sûr! Et elle allait le payer, ce foie-jaune à mamelles allait tâter de sa machette.
Il s'agissait d'être malin et de ne pas se jeter dans la gueule du loup mais nul ne peut dire que Jack est une biroute rabougrie sans voir sa vie rétrécir, et c'est ainsi que plutôt que de se laisser aller à la prudence, il se dirigeait de son pas lourd d'homme désabusé vers le village et plus précisément vers le whisky du saloon.

Auteur : Ludivine


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Mercredi 28 janvier 2009
Rectifiant de justesse un équilibre plus que précaire, Johnny fut bien forcé de se rendre à l’évidence : une fois de plus il avait trop bu. « Damn it ! » lâcha-t-il en guise de préambule, sans pour autant être capable d’y adjoindre l’ensemble des jurons capables à cette heure de faire état de sa mauvaise humeur. Et le pire dans tout ça c’est qu’en rentrant (mais saurait-il rentrer ? il n’était plus bien sûr déjà de l’endroit ou il se trouvait), en rentrant donc, il ne trouverait que la calme atmosphère de son taudis et Jenny, calmement couchée, discrète et belle, patiente jusqu’à l’insupportable. Se laissant choir lourdement dans la poussière de ce que les autochtones avaient la prétentieuse coutume de nommer « Grand rue », il se prit à repenser à sa femme. La première, la sorcière, cette mégère jalouse plus encore que frigide, véritable antithèse de ce que le bon Dieu, soucieux de la frénésie onanique du père Adam avait dû concevoir à son intention pour meubler ses nuits et sa cuisine. Ce soir c’est elle qu’il aurait voulu trouver dans l’entrée, debout les poings sur les hanches, l’oeil mauvais, les joues sales, flasque plus qu’obèse, et les cheveux hirsutes, ces cheveux de gorgone, toujours mal peignés en un chignon hatif et que l’on croyait déjà entendre hurler, avant même qu’elle n’ouvre une bouche tordue  de fiel et de méchanceté : « JONATHAN ! JONATHAN PIMBELBROCK ! COMBIEN DE FOIS DEVRAI-JE VOUS REPETER QUE CETTE MAISON N’EST NI UN BORDEL NI UNE ECURIE ! Enlevez vos bottes et boutonnez cette chemise ! Mais vous êtes ivre Jonathan ? Où étiez-vous à pareil heure ? JE NE VEUX PAS LE SAVOIR ! TAISEZ VOUS ! Encore à dilapider l’argent du ménage et à lutiner les putains !? Mais ça ne se passera pas comme ça ! Ma mère avait bien raison, vous êtes un dépravé, un pervers ! mais j’ai parlé au pasteur ce matin et vous pourriez bien avoir de mauvaises surprises ! Je vais rentrer Jonathan ! Je vais retourner dans le Wisconsin ! C’est déjà bien assez d’avoir perdu ma jeunesse avec un obsédé et un alcoolique ! » Et repensant à ces années, colorées et volcaniques, Johnny se rendit compte que, de ses yeux embrumés, de lourdes gouttes tombaient dans la poussière.

Auteur: Jean-Paul

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Dimanche 25 janvier 2009
    Une fois que les dernières balles eurent finis de siffler Jack prit la relève et siffla à son tour. Brièvement d'abord, de soulagement, puis plus longuement en reluquant les jupons de Mary. La main de la belle produisit un bruit sec en atteignant l'oreille de Jack puis belote, une torgnole sur le menton, rebelote sur le nez et dix de der sur l'oeil. "Doucement drôlesse!, s'écria Jack, on peut être deux à jouer à ce jeu-là!" Et pour illustrer son propos il lui allongea une bonne claque. "Alors! gronda-t-il, Bon!"
    Tandis qu'elle se remettait les idées en place, il jeta un oeil par-dessus le rocher sur lequel ils étaient adossés. On distinguait la mine au loin. Les six affreux s'étaient rendus compte du subterfuge et c'est pour ca qu'on entendait plus de coups de feu. Les sacs remplis de foin qu'ils avaient recouvert de leurs vêtements avaient parfaitement rempli leur rôle de leurre.
    Jack recompta les balles de la winchester qu'il leur avait emprunté. Huit. Si les deux mineurs et les quatre sacs à merde avaient l'envie de les pister ils seraient obliger de faire presque un mile à découvert et, sans être le plus fin tireur du plancher des vaches, Jack pouvait les tirer comme des lapins.
    Il profita de ce qu'il était dans le désert pour philosopher un peu. "La vie est une chienne, se dit-il, en repensant aux évènements qui bousculaient son quotidien depuis quelques semaines. La vie est une chienne mais dans l'ouest à moins d'être la femme du pasteur, c'est le lot commun. Une fois accepté cet état de fait il faut ouvrir l'oeil, profiter des rares moments de répit et pour le reste... pour le reste il y a l'alcool. Enfin, pour cette fois je m'en tire. Et puis ce n'est pas tous les jours qu'on trouve de l'or dans une mine salée pensa-t-il en entendant Mary être belle."
     Dans le lointain les six cornards juraient en éventrant les mannequins de paille. Satisfait, Jack se gratta le dos par la fente déboutonnée de son calecon long et sourit comme Napoléon devant le soleil d'Austérlitz: "Ca, c'est fait."
"-Dis, Jack?, sussura la toute belle à qui les manières viriles du cowboy avaient rappelé la faiblesse de son sexe, dis Jack, quand je suis arrivé dans la grotte. Ce que tu faisais. Tu peux le refaire?
 -Ah! Ah! L'âne? Tu te rappelles?
 -Oui, soupira-t-elle, un peu émue."
Le soleil rougeoyait à l'horizon, le jour se levait. Il allait falloir attendre la nuit pour filer en douce. Le temps prenait son temps et s'écoulait doucement, comme les grains de sable s'égrainaient entre les orteils nus de Mary. Pour faire l'âne, Jack se baissa pour retirer ses bottes. Ce fut tout ce dont il se rappela en se réveillant. Sa vie de bourlingue lui fit dire que le mal de crâne qui battait contre ses tempes n'était pas tant du aux coups de soleil qui lui brûlaient la peau qu'au coup qu'il avait recu de la perfide Mary, le coup sur la tête, pour l'autre, plus douloureux, il aurait sa revanche. Jack se sentait nu. Ses pieds étaient meurtis par le sable brûlant. Il se rendit compte qu'il n'avait plus ses bottes.

Auteur : Antoine H.
Par La Revue Moutarde - Publié dans : Cactus Jack sort ses colts
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Dimanche 25 janvier 2009
"Alors c'est qui le plus malin?" pensa Jack, debout sur un tonneau au milieu de la grotte, ses bottes enfilées sur les bras. Il respirait rapidement, fatigué par l'effort. Les six hommes hilares l'applaudirent de toutes leurs mains.

« - Je vous l'avais dit les gars, personne ne fait la danse de l'âne mieux que moi. J'ai gagné la bouteille de bourbon!" lâcha Jack à son public.
-Ah non, cowboy, Joe n'a pas encore fait le numéro du nain! Vas-y Joe!" Et l'homme en lançant son coude dans les côtes de son voisin ajouta: "Qu'est ce qu'il peut nous faire marrer le con!"
Jack reprit son tord-boyau et prit la place du barbu nommé Joe, qui montait sur le tonneau pour faire le nain.

Les yeux déjà embrumés par l'alcool, Jack repensait à son stratagème, regardant vaguement l'homme s'agenouiller sur ses bottes et ne laissant sortir que les mains de sa chemise sale:
« J'ai drôlement bien fait de la jouer finaud cette fois! C'est pas Mary qui me reprochera d'avoir infiltré la bande des mineurs pour mieux les espionner. Ça devrait l' impressionner et peut être même que ça me vaudra de remettre une jambe dans son lit en attendant d'y mettre les deux autres ! »

Pendant que Joe faisant des grimaces racontait sa journée de nain: "Et là je passe sous les battants du saloon et commande une bonne bière fraîche au barman. Il se retourne avec la chopine et comme il ne me voit personne, lance..."
" Bon pour l'instant j'ai rien appris mais dès que ces vieux coyotes ont finis leurs numéros, je les fais boire et les travaille au corps pour en savoir plus!" pensait Jack quand un des mineur l'apostropha:
"- T'as gagné Jack. T'as le numéro le plus con!
- Je vous l'avais bien dit, les gars...
- Maintenant, faut honorer la tradition. T'as rien contre les traditions, Old Boy??
- Ha ça non! l'assura Jack. Du moment que je tâte cette bouteille qui me revient."
Le mineur la lui tendit et ajouta:
"La tradition, elle veut que tu reboives un coup et que tu nous refasse la danse de l'âne! Pas vrai les gars?"
Les autres mineurs braillèrent:
"- Et comment qu'il doit la refaire la danse!
- Pour sûr, la tradition c'est la tradition.
- Et qui ne respecte pas la tradition ne mérite pas son bourbon!"

Alors Jack titubant sous l'effet de l'alcool, reprit sa bouteille, remit ses bottes sur ses bras et à quatre pattes sur son tonneau, au milieu de la bande de mineur, se mit à faire des claquettes et à braire. Il ne vit pas qu'un des mineurs qui s'était éclipsé, venait de revenir avec une femme bâillonnée sur l'épaule:
"- Regardez ce que j'ai trouvé en allant pisser les gars. C'est un joli petit oiseau qui chante! Et il enleva le bâillon de Mary:
- Putain Jack, pauvre connard, qu'est ce que tu fous là?"

Auteur : Adrien H.


Par La Revue Moutarde - Publié dans : Cactus Jack sort ses colts
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Samedi 27 décembre 2008
La lune éclairait les sombres silhouettes d'une pâleur blafarde. Une dizaine de brutes épaisses déchargeaient des caisses d'une charrette avant de s'engouffrer telles des fourmis surchargée de victuailles dans les entrailles de cette ancienne mine d'argent. Mais que faisaient ces tristes personnages à cette heure tardive, dans cet endroit reculé du Texas où pas même un marshall ne viendrait se pavaner l'étoile accrochée sur son torse bombé d'une fierté mal placée? Certainement pas des enfants de choeur préparant la messe de Noël...
- Foi d'un jupon souillé par un malotru, je n'aime pas ça Jack, susurra Mary à l'oreille de cet homme qui avait longtemps partagé sa couche. T'en penses quoi de ces outres à bière frelatée qui préfèrent se refroidir  l'extrémité plutôt que de conter fleurette à Gwendy?
- Bloody hell, Mary, lui rétorqua vivement ce solitaire endurci. Sans hésiter moi je me coltine la vieille catin morpionnée jusqu'aux oreilles au lieu de me les geler par cette nuit à ne pas foutre un chien-loup dehors. Je ne sais pas ce qui se trame bébé, mais je vais le découvrir bientôt.

Auteurs : Tri stan et Emmanuel H.
Par La Revue Moutarde - Publié dans : Cactus Jack sort ses colts
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