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Mardi 18 mars 2008
"-Putain les gars, ma chique à un drôle de goût", fit le vieux Sam accoudé au coin du comptoir, la
voix étranglée. Sur ces mots, dans une grimace inimitable, il déglutit, racla sa gorge et propulsa à travers l'atmosphère enf umée du saloon une vielle chique qui, après une trajectoire impeccable, fit résonner le vieux pot d'étain comme un glas funèb re. Ayant attendu respectueusement que le dernier écho s'éteigne dans le silence profond, Bud, le barman, essuyant dstraitement un verre que son vieux torchon rendait plus sale à chaque rotation de son poignet usé laissa laconiquement tomber ces quelques mots: "Ouaip", et-après quelques instants, quelques tours de chiffon crasseux: "Y'a quelque chose de pas catholique ce soir, quelque chose d'étrange, de pas commun..." Et tous les regards de se tourner vers le poussiéreux immobile.

auteur: Jean Paul
Par La Revue Moutarde - Publié dans : Cactus Jack sort ses colts
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Mardi 18 mars 2008
C'était l'heure où le soir tombant, les hommes s'attendrissaient. Pendant ces minutes fugitives plus rien n'existait pour eux que les rayons du soleil qui filtraient au-dessus des deux battants de la porte du saloon. L'astre rouge ne tardait pas à disparaitre à l'horizon et il était alors trop tard pour rentrer chez soi et puis, à quoi bon? C'était l'heure où le barman décrochait le miroir de derrière le comptoir, non pas par peur qu'il soit cassé dans une improbable altercation mais pour laisser les hommes à leur solitude. Parfois, et c'était le cas ce soir-là, le vieux McCulloush trainait sa carcasse et ses bottes fatiguées jusqu'au piano. Telles les roues bosselées d'une vieille caravane craquant sur une route pierreuse, ses mains, qui avaient caressé autant de femmes que de fusils, se souvenaient de mélodies qu'on s'échangeait autrefois au coin d'un feu. On pouvait voir dans les yeux de ce débris toute la solitude des villes minières dont le filon s'était tari en même temps que l'espoir de ses habitants. Seul l'homme aux couleurs du désert sembla s'intéresser à la musique qu'égrenait la mécanique rouillée du piano. Il semblait s'accrocher à l'espoir comme un blessé s'accroche à la vie dans un champs de cadavres, comme un cactus guette, sans se dessécher, l'arrivée d'un nuage au milieu du désert.

Auteur : Antoine
Par La Revue Moutarde - Publié dans : Cactus Jack sort ses colts
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Lundi 17 mars 2008

Tout le monde se retourna quand l'homme entra dans le bar. Même le vieux McCulloush, qui en avait tant vu au cours des guerres contre les indiens, reposa son verre de whisky qu'il s'apprêtait à porter à ses lèvres gercées.
L'étranger était couvert de poussière comme s'il avait passé trois jours dans le désert. De haute stature, mal rasé, la mâchoire carrée, on ne pouvait pas se tromper : cet homme-là était un dur. Seuls ses yeux, bleus et vastes comme le ciel, et ses longs cils laissaient deviner qu'un coeur humain battait sous sa chemise qui avait peut-être été rouge dans une autre vie mais qui maintenant était d'une couleur indéterminée. Bien que l'homme ne portât apparemment pas d'arme, il s'avança avec une telle assurance qu'on aurait juré qu'il en cachait une quelque part, par exemple dans une de ses deux bottes coupées dans une peau d'animal inconnu dans ce pays. Quand il eût asséché son verre plus vite que le désert du Nevada n'absorbe un crachin éphémère, il se tourna et considéra l'assemblée présente.


LeeDubin-WesternSaloon.jpg

Auteur : Emmanuel H.
Par La Revue Moutarde - Publié dans : Cactus Jack sort ses colts
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Dimanche 16 mars 2008
Titre : Cactus Jack sort ses colts

Auteur : Tristan

cactus.jpg
Par La Revue Moutarde - Publié dans : Cactus Jack sort ses colts
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Vendredi 14 mars 2008
Il s'agit d'un écrire un roman de type western à plusieurs intégrant des ellipses entre chaque écrivain.
Comme  nous serons plusieurs à écrire, il convient de garder une certaine retenue pour ne pas faire partir l'histoire dans n'importe quelle direction et en même temps à ne pas faire du sur-place. Si possible, malgré les ellipses, on doit pouvoir comprendre parfaitement l'histoire.

Si je devais donner  quelques caractéristiques  de ce genre de roman,  je dirais dans le désordre :
    O  Des personnages assez stéréotypés, décrits systématiquement, sans  que leurs physiques ne servent à rien.  Ils doivent avoir un rôle dans l'histoire ou servir à caractériser un lieu (Suzy la salope dans un tapin ;  le Juge Weston dans le restaurant chic...). On peut aussi les associer à un accessoire transformable (le médaillon-carte au trésor, le pistolet-relique, la Bible-cache à bouteilles...) ou pas.
    O Il va sans dire que le héros ne commet pas d'acte répréhensible, même si, à défaut d'être un saint, il peut se contenter d'être un "brave type". Il ne tire pas dans le dos, ne boit pas trop (juste ce qu'il faut pour être viril ou pour être admis au sein d'un gang qu'il infiltre). D'après les titres, les femmes à fort caractère sont tolérées, mais elle doivent rester des femmes. Si elle se servent d'un fusil, c'est qu'il s'agit soit de femmes fatales, qu'on aime mais qu'il faudrait tuer, ou des personnages comiques et à qui on refuse la féminité, genre l'obèse de cinquante ans qui jure encore plus que Doug Buningham, le conducteur de diligence, mais qui aime les fleurs. les situations, lorsqu'elle sont improbables ne doivent pas déboucher sur quelque chose d'extraordinaire. Si Billy McLush recroise dans un endroit improbabe un personnage clé, celui-là ne lui donnera qu'un indice de second ordre, genre l'adresse d'un type qui connait un type et non pas l'emplacement de la cache du trésor.
Je n'insiste pas, vous avez tous lu un Lucky Luck.
    O  Quant à l'écriture, en plus des adjectifs convenus (le nez mutin, les lèvres charnues et le regard langoureux, la délicieuse cigarette après le repas plantureux,  la route qui cahote et la droite impressionante...), je pense que désigner un personnage par un "il" ou un "elle" qui pourrait être ambigu dans un récit moins stéréotypé peut être intéressant. N'hésitez pas toutefois de temps en temps à utiliser le mot rare. Dans Un Shérif impassible, on parle à un moment d'improbables "éperons qui tintinabulent". De même, un peu de couleur locale n'a jamais fait de mal à personne. Un petit pueblo par-ci, un bon vieux riffle ici, sont du meilleur effet. De préférence en italique, pour faire comprendre que c'est en anglais dans le texte. Si quelqu'un s'y connait en races de chevaux, c'est très bien.

Voili, voilou. Si vous voulez faire passer, ne vous gênez pas. Evitez peut-être d'écrire deux textes à la suite, mais si vous êtes inspirés, n'attendez pas que cinq personnes aient écrit. Enfin, dernier point, pour des raisons de joliesses et aussi pour le jeu sur le décalage possible, illustrez, si possible, chacun de vos textes d'une image.
Si vous avez quelque chose à ajouter, n'hésitez pas.
Par La Revue Moutarde - Publié dans : Cactus Jack sort ses colts
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