Lundi 31 mars 2008
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14:12
Aucun « Ding » ne répondit au « Dong » de la cloche dont un inconnu avait volé la moitié quelques années
auparavant, la messe était dite et, sans se presser, une foule moustachue sortait de l'église de bois. Agenouillé sur un prie-dieu Jack était seul et sirotait un cocktail de pensées brumeuses et
sombres:
« Bloody hell! »pensa-t-il avant de se signer en guise de repentir pour son juron. « Me voilà bien embarqué une
fois de plus. Jack, mon vieux faut se sortir les bottes du fumier, se dit-il à lui-même. Tu ne peux pas continuer à traîner ton alcoolisme de ville en ville en espérant trouver dans le cul d'une
bouteille la solution à tes problèmes. » Il ne fut pas alors exactement fier de faire le parallèle entre la bouteille et celle qui l'avait plongé dedans. Elle était blonde comme les blés, et comme
les blés elle n'avait jamais été aussi belle qu'avant d'être fauchée. Le moissonneur qui l'avait fauchée s'appelait Bill Treefalley, un cafard prétentieux chez qui la grossièreté le disputait à
l'illettrisme. Son bon sens sonnant et trébuchant avait du lui valoir les faveurs de la blonde, à moins que ce ne fut son jeu de pistolet réputé dans tous les bordel du sud du Texas. Jack était
amer en pensant ainsi et même, il se trouva injuste. Le hasard avait voulu qu'il découvre le même jour que Mary était enceinte et que Treefalley avait posé sa main débonnaire sur la jeune fille
aussi ne pouvait-il penser à cette histoire sans que ne monte en lui une certaine envie de descendre aux enfers claquer le beignet de ce diable malicieux qui s'amusait à lui pourrir la vie. Il
avait de ce jour pris la décision courageuse de découvrir une ville où nul n'avait entendu parler ni de Mary, ni de Bill et riche d'une soif inextinguible il s'était mis en route.
Auteur: Antoine.
Je dois retoucher tout ça mais je n'ai pas le temps pour le moment, je m'en occupe très bientôt mais de toutes façons je ne m'occupe que de la forme, l'histoire ne changera pas, sauf si vous y
tenez. A bientôt.
Par La Revue Moutarde
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Lundi 24 mars 2008
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Au prix d’un effort comme on n’en faisait pas deux dans une même journée, l’homme parvint péniblement à se remettre droit sur ce qui lui restait de son cul, et à saisir la choppe qu’on lui
tendait. La surface polie de la tasse en fer toute cabossée lui permit de voir que son visage ne l’était pas moins... O’Hara avait donc fini par le retrouver. La trace violine qui enflait au bout
de son menton en disait long sur le sort que lui réservaient l’Irlandais et ses deux frères, Bobby et Bruce...
Une violente douleur vint lui tirailler l’estomac, là où s’étaient abattus les coups, tandis que son crâne semblait lesté de quelques tonnes de plomb. Le tout lui fit oublier de demander à
McCulloush par quel foutue intervention divine il avait pu rééchapper de la trempe qui lui semblait promise, une fois qu’il s’était retrouvé les quatre fers en l’air et la gueule dans le coton. A
la place, il attrapa une bouteille de cherry qui passait par là, en versa une razzia dans son café puis avala d’un trait le mélange. Du jus de pétrole aurait paru moins fade, et on n’aurait pas
accepté d’en reboire même sous 40° en plein désert du Névada. Mais au moins, il avait les idées claires et assez de force pour se caler au fond du lit et regarder le vieux qui lui avait sauvé la
vie...
Trois mètres plus loin, McCulloush s’était levé et se passait son ceinturon. Deux Smith & Wesson brillaient, un sur chaque flanc, la crosse en ébène tournée vers l’avant et le canon d’argent
fraîchement astiqué bien calé au fond du cuir. Ce ne fut pas avant d’avoir fini d’ajuster son col blanc que le vieux se retourna pour regarder de nouveau l’étranger. Ses yeux enfoncés dans leurs
orbites scrutaient le moindre mouvement du blessé, seul son pouce gauche venant essuyer maladroitement la bave qui suintait de sa lèvre supérieure. Puis il ravala sa bile et prit en premier la
parole :
- Ils allaient t’écharper, l’ami... Je sais pas ce que tu leur as fait, mais le plus grand avait sorti une lame de trente centimètres et allait te dépiécer au milieu de la grande rue, pour
sûr ! A l’heure où on cause, tu serais plus qu’une flaque de tripes si le marshall n’était pas intervenu.
Une fois habillé de sa chemise couleur suie et de son col couleur ivoire, il ne faisait plus guère de doute que le vieux McCulloush n’était rien d’autre que le révérend de l’unique église du
comté.
- Tu comprends, on ne vous connaît pas, vous autres, mais j’apprécie pas que le sang coule un dimanche. C’est le jour du sermon, mon sermon, et j’ai pas pour habitude d’enchaîner par une
messe funèbre. Ca gâte le goût du whisky !
Auteur : C.E
Par La Revue Moutarde
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Dimanche 23 mars 2008
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20:03
- Prends ça, rascal! Sac à gnôle!
Le géant roux, avec la sauvagerie et la violence d'un grizzly abbatit son poing droit qui vint heurter sa mâchoire. Ses deux acolytes s'apporchèrent et lui infligèrent d'inouïs coup de pieds dans
les côtes. A ce moment, l'étranger vit au-dessus de lui, dans le ciel, les étoiles se mettre à danser, avant de s'éteindre lentement.
********
- Où suis-je ? se demanda l'homme tout en ressentant une horrible douleur à la tête et aux côtés, comme si un troupeau de bisons lui était passé dessus.
A travers le bourdonnement comparable à celui d'une ruche qu'il entendait en permanence depuis son réveil, une voix lui parvint :
- Tu te demandes sans doute où tu trouves. Apprends pied-tendre que tu te trouves chez le bon vieux McCulloush. Apprends aussi que l'alccol est la pire des chiennes.
- Merci pour le sermon, old timer, gromella le blessé en essayant de se relever.
- Tiens prends cette tasse de café, tu en as bien besoin.
Auteur : Emmanuel H. (retravaillera son texte plus tard)
Par La Revue Moutarde
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Samedi 22 mars 2008
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Seule une silhouette imposante se découpait dans un contre-jour mystérieux. Dans les derniers rayons rougeoyants du soleil couchant, les particules de poussière voletant autour de l'inconnu
formaient un halo mystique, propre à susciter la curiosité, sans toutefois dissiper une tension naissante. Le silence n'était troublé que par les notes de musique pianotées par McCulloush
provenant du fond du saloon. Le "cling-cling" soudain d'éperons en marche se joint bientôt à la mélodie. L'homme se dirigeait vers le comptoir d'un pas asuré.
-"Une tequila", articula-t-il.
D'un geste méprisant, le barman jeta son torchon sur l'épaule et attrapa une bouteille. Tout en lui servant un verre mesquin, Bud ne cessait de toiser ce client atypique d'un regard
inquisiteur.
"-Fait pas bon traîner par ici étranger", grogna le barman.
Sans tiquer aucunement face à cette menace à peine voilée, le voyageur venu de nulle part contempla son verre un instant, les yeux perdus dans un fond de tristesse virile. Puis sa main se dirigea
lentement mais sûrement vers le breuvage, agrippa sa proie et s'éleva dans l'air comme un aigle arrachant un nourrisson aux bras de sa mère. D'un trait, le buveur effaça cette image macabre et
déglutit profondément. Et sans un coup d'oeil vers rien ni personne, il fit de nouveau claquer ses bottes noircies par toute la misère accumulée sur son chemin et franchit en sens inverse la
porte battante du bar, de nouveau prêt à affonter les épreuves, passées et à venir.
Auteur: Tristan
Par La Revue Moutarde
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Mardi 18 mars 2008
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"-Putain les gars, ma chique à un drôle de goût", fit le vieux Sam accoudé au coin du comptoir, la
voix étranglée. Sur ces mots, dans une grimace inimitable, il déglutit, racla sa gorge et propulsa à travers l'atmosphère enf umée du saloon une vielle chique qui, après une trajectoire
impeccable, fit résonner le vieux pot d'étain comme un glas funèb re. Ayant attendu respectueusement que le dernier écho s'éteigne dans le silence profond, Bud, le barman, essuyant dstraitement
un verre que son vieux torchon rendait plus sale à chaque rotation de son poignet usé laissa laconiquement tomber ces quelques mots: "Ouaip", et-après quelques instants, quelques tours de chiffon
crasseux: "Y'a quelque chose de pas catholique ce soir, quelque chose d'étrange, de pas commun..." Et tous les regards de se tourner vers le poussiéreux immobile.
auteur: Jean Paul
Par La Revue Moutarde
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Mardi 18 mars 2008
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19:03

C'était l'heure où le soir tombant, les hommes s'attendrissaient. Pendant ces minutes
fugitives plus rien n'existait pour eux que les rayons du soleil qui filtraient au-dessus des deux battants de la porte du saloon. L'astre rouge ne tardait pas à disparaitre à l'horizon et il
était alors trop tard pour rentrer chez soi et puis, à quoi bon? C'était l'heure où le barman décrochait le miroir de derrière le comptoir, non pas par peur qu'il soit cassé dans une improbable
altercation mais pour laisser les hommes à leur solitude. Parfois, et c'était le cas ce soir-là, le vieux McCulloush trainait sa carcasse et ses bottes fatiguées jusqu'au piano. Telles les roues
bosselées d'une vieille caravane craquant sur une route pierreuse, ses mains, qui avaient caressé autant de femmes que de fusils, se souvenaient de mélodies qu'on s'échangeait autrefois au coin
d'un feu. On pouvait voir dans les yeux de ce débris toute la solitude des villes minières dont le filon s'était tari en même temps que l'espoir de ses habitants. Seul l'homme aux couleurs du
désert sembla s'intéresser à la musique qu'égrenait la mécanique rouillée du piano. Il semblait s'accrocher à l'espoir comme un blessé s'accroche à la vie dans un champs de cadavres, comme un
cactus guette, sans se dessécher, l'arrivée d'un nuage au milieu du désert.
Auteur : Antoine
Par La Revue Moutarde
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Lundi 17 mars 2008
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19:29
Tout le monde se retourna quand l'homme entra dans le bar. Même le vieux McCulloush, qui en avait tant vu au cours des guerres contre les indiens, reposa son verre de whisky qu'il s'apprêtait à
porter à ses lèvres gercées.
L'étranger était couvert de poussière comme s'il avait passé trois jours dans le désert. De haute stature, mal rasé, la mâchoire carrée, on ne pouvait pas se tromper : cet homme-là était un dur.
Seuls ses yeux, bleus et vastes comme le ciel, et ses longs cils laissaient deviner qu'un coeur humain battait sous sa chemise qui avait peut-être été rouge dans une autre vie mais qui maintenant
était d'une couleur indéterminée. Bien que l'homme ne portât apparemment pas d'arme, il s'avança avec une telle assurance qu'on aurait juré qu'il en cachait une quelque part, par exemple dans une
de ses deux bottes coupées dans une peau d'animal inconnu dans ce pays. Quand il eût asséché son verre plus vite que le désert du Nevada n'absorbe un crachin éphémère, il se tourna et considéra
l'assemblée présente.
Auteur : Emmanuel H.
Par La Revue Moutarde
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Dimanche 16 mars 2008
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01:21
Titre : Cactus Jack sort ses colts
Auteur : Tristan
Par La Revue Moutarde
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Vendredi 14 mars 2008
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16:53
Il s'agit d'un écrire un roman de type western à plusieurs intégrant des ellipses entre chaque écrivain.
Comme nous serons plusieurs à écrire, il convient de garder une certaine retenue pour ne pas faire partir l'histoire dans n'importe quelle direction et en même temps à ne pas faire du
sur-place. Si possible, malgré les ellipses, on doit pouvoir comprendre parfaitement l'histoire.
Si je devais donner quelques caractéristiques de ce genre de roman, je dirais dans le désordre :
O Des personnages assez stéréotypés, décrits systématiquement, sans que leurs physiques ne servent à rien. Ils doivent avoir un rôle dans l'histoire ou servir
à caractériser un lieu (Suzy la salope dans un tapin ; le Juge Weston dans le restaurant chic...). On peut aussi les associer à un accessoire transformable (le médaillon-carte au trésor, le
pistolet-relique, la Bible-cache à bouteilles...) ou pas.
O Il va sans dire que le héros ne commet pas d'acte répréhensible, même si, à défaut d'être un saint, il peut se contenter d'être un "brave type". Il ne tire pas dans le dos,
ne boit pas trop (juste ce qu'il faut pour être viril ou pour être admis au sein d'un gang qu'il infiltre). D'après les titres, les femmes à fort caractère sont tolérées, mais elle doivent rester
des femmes. Si elle se servent d'un fusil, c'est qu'il s'agit soit de femmes fatales, qu'on aime mais qu'il faudrait tuer, ou des personnages comiques et à qui on refuse la féminité, genre
l'obèse de cinquante ans qui jure encore plus que Doug Buningham, le conducteur de diligence, mais qui aime les fleurs. les situations, lorsqu'elle sont improbables ne doivent pas déboucher sur
quelque chose d'extraordinaire. Si Billy McLush recroise dans un endroit improbabe un personnage clé, celui-là ne lui donnera qu'un indice de second ordre, genre l'adresse d'un type qui connait
un type et non pas l'emplacement de la cache du trésor.
Je n'insiste pas, vous avez tous lu un Lucky Luck.
O Quant à l'écriture, en plus des adjectifs convenus (le nez mutin, les lèvres charnues et le regard langoureux, la délicieuse cigarette après le repas plantureux,
la route qui cahote et la droite impressionante...), je pense que désigner un personnage par un "il" ou un "elle" qui pourrait être ambigu dans un récit moins stéréotypé peut être intéressant.
N'hésitez pas toutefois de temps en temps à utiliser le mot rare. Dans Un Shérif impassible, on parle à un moment d'improbables "éperons qui tintinabulent". De même, un peu de couleur
locale n'a jamais fait de mal à personne. Un petit pueblo par-ci, un bon vieux riffle ici, sont du meilleur effet. De préférence en italique, pour faire comprendre que c'est en
anglais dans le texte. Si quelqu'un s'y connait en races de chevaux, c'est très bien.
Voili, voilou. Si vous voulez faire passer, ne vous gênez pas. Evitez peut-être d'écrire deux textes à la suite, mais si vous êtes inspirés, n'attendez pas que cinq personnes aient écrit. Enfin,
dernier point, pour des raisons de joliesses et aussi pour le jeu sur le décalage possible, illustrez, si possible, chacun de vos textes d'une image.
Si vous avez quelque chose à ajouter, n'hésitez pas.
Par La Revue Moutarde
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