Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Recommander

Rechercher

Mardi 7 avril 2009
          Au coin du feu Jack et Johnny ne parlaient pas. Ils savaient que cette fois ils avaient franchi un cap en tuant un shérif. Certes cette étoile percée avait accepté tant de pots-de-vin que même en en buvant le vin il aurait fait fortune en vendant les pots. En outre (qu'il était) il était trempé jusqu'aux os dans la farce dont Jack pourrait bien être le dindon. Mais ils l'avaient tué et ce que les autorités en retiendraient c'était qu'il était le shérif. Jack n'avait pas touché à sa gamelle, amer, Johnny, plus philosophe ou moins alerte avait quant à lui englouti ses haricots. Du bout des doigts Johnny frappait machinalement sur sa boîte de conserve. Jack l'écoutait. Il se mit à son tour à tapoter sa boîte. Il sourit. Johnny avait cueilli une herbe longue et fine et, pincée entre ses deux pouces, il la fit vibrer de son souffle puissant.
     Jack abandonna sa conserve pour une bûche qu'il frappait en rythme avec la crosse de son revolver. Il commenca à chanter:
" Mary est un python foireux
  Qu'est vénéneux, qu'est dangeureux,
  Qu'il faut fuir comme les chlamidyas!
  A bas Mary-couche-toi-là!"
     La nuit les enveloppait comme un manteau, dans le background un coyotte qui hurlait était le seul signe de vie. Même la rivière, qui coulait à deux pas de leur camp, semblait morte tant elle était muette. Johnny d'un bout de ficelle, de sa conserve et d'un bout de bois s'était improvisé un banjo et le grattait mélodieusement.
 "J'avais l'âme d'un nouveau-né
  Quand j'ai connu cette traînée
  Si lors je suis un salopard
  Parlez-en donc à ce cafard"
       Johnny soufflait dans une bouteille en regardant les étoiles figées dans leur course le temps d'une chanson. En accomplissant une tierce mineure il scrutait la grande ours. Jack conclut la rengaine:
  "Je suis peinard depuis qu'chuis seul
  Avec mon pot', mon feu, ma gueule
  Sous le ciel de mon beau pays.
  Reprends des haricots Johnny!"
     La musique avait toujours eu le don de les détendre, ils se sentaient mieux. Johnny lâcha sa bouteille et remit des fayots dans son banjo.
    
Par La Revue Moutarde - Publié dans : Cactus Jack sort ses colts
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Retour à l'accueil
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus