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Mercredi 24 juin 2009
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Sa chair avait un goût salé, ses seins étaient lourds et elle gueulait bien comme il faut, cette chienne apache. Il était en elle trois matins sur quatre et il arrivait encore à prendre son pied en moins de temps qu'il ne lui en fallait pour la désaper. Pour sur elle savait y faire la traînée, mais il allait devoir la renvoyer trier la merde aux champs de coton. Pas question qu'elle oublie sa condition d'esclave sous prétexte que sa chienne de mère apache lui ait donné la vie avec le cul d'une pro.

Il a vidé ses couilles et l'a renvoyé donner le sein à ses bâtards.

Lorsqu'il est sorti sur la terrasse, le soleil était déjà une boule de feu écarlate, irradiant toute la pampa et vidant un peu plus de sa sève les terres arides du West Side. Il détestait la sécheresse, c'était des frais en plus. Les bêtes buvaient trois rations plutôt qu'une, sans compter les hommes qu'il fallait mobiliser jour et nuit pour surveiller les débuts d'incendie. Foutu pays. Les talons plantés sur la table, il s'était mis à la recherche de son coupeur mais il ne trouvait que crasse et sueur au fond de ses poches. Et bordel, pas une roulure dans les parages pour s'en charger à sa place. Finalement, il arracha le bout du cigare avec les dents, non sans fulminer de gâcher de la sorte un Robusto à quatre dol, tout juste importé de Santo Domingo.

Puis ce fut le miracle de la saveur âcre du barreau de chaise lui rendant sa lucidité. Pour la première fois depuis que cette catin l'avait réveillé à l'aube, il sentait doucement ses neurones se remettre en ordre de marche. Et de lui rappeler toutes ses emmerdes en cours...

" - Carlos ? cria-t-il vers l'écurie en contrebas. Bordel, mais où est ce putain de chien sans queue qui me sert de contremaître ? Encore à monter une vache ou quoi ? Je suis là patron, je monte, je monte. Ouais, ok, mais presse toi le cul si tu veux pas te retrouver bardé de plomb, batard de merde."

Carlos, un laquais à oeil de verre, une racaille à la main froide et au cerveau atrophié.

" - Ouais boss, que c'est que tu me veux ? Crevure, chien chicanos, amateur de foutre. Où on en est avec l'affaire ? Pas gagné... boss... pas gagné... Fab et les gars que j'avais envoyé, ben il sont pas rentrés. Mais le bourrin, 'lui de Fab, il est déjà à l'écurie, vu que Carlito me l'a retrouvé à brouter dans le champs ce matin. Bordel, j'aurai jamais dû envoyé cette petite crasse, sa famille m'a toujours chié que des bons à rien, castrés comme des Amish et utiles comme des gonzesses... O'Hara ? Toujours pas revenu de Tijuana, boss. Bouarf, m'est avis que ce con d'irlandais va pleurer jusqu'à la neige son abruti qui lui servait de frangin."

 Purcell Davies s'est relevé d'un bond, le cigare encore aux lèvres. Rien pour se dérouler comme il le voulait. Les récoltes traînaient et seraient les plus mauvaises de la décennie. Le casse s'était mal passé, il toucherait jamais l'assurance et, à ce rythme là, ses comptes se videraient en moins de six semaines. Il avait du mal à le croire... Depuis douze ans, son business prospérait mais il avait suffi d'une gâchette un peu plus affûtée que les autres se pointe à la ville pour que tout parte au va à l'eau. S'il voulait pas rejoindre les pieds tendres qu'il avait envoyé dans la tombe, et ils étaient nombreux ces chiens apaches, c'était à son tour de jouer, il fallait qu'il bouge. Et bouger, c'était écraser les chiures de mouches qui se collaient aux verres de ses lunettes, à commencer par les chiures étoilées. Il fallait renvoyer ad patres cette crapule de Jack, ce sale porc qui traînait depuis trop longtemps sa fille et ses affaires dans la boue.

" - Prends deux hommes en armes et monte au Nord jusqu'à chez Jess pour chercher Kaltenbrunner. T'as trois jours, avorton de putain, pour me le ramener. Dis à Jess que je lui rendrai son foutu mari en un seul putain de morceau... et si ma guenon de fille veut pas le lâcher, tu lui colles une raclée de ma part. S'agit plus de jouer Carlos, on rentre en guerre contre ces chiens. Ce sera eux ou nous et bordel si jamais c'était pas eux, je peux t'assurer que je m'essuierai les paluches sur le cadavre de ton Carlito avant de tomber, c'est compris, saloperie ?»

Carlos, un laquais à oeil de verre, une racaille à la main froide et au cerveau atrophié. Une bête assoiffée de sang qui sommeillait, prête à bondir à la gorge des deux J et à les bouffer vivants, les dépecer et les recracher par le cul le lendemain. Avec Carlos, Purcell Davies avait un atout qu'il s'apprêtait à abattre. Mais pour s'assurer la victoire, Purcell avait dû dégainer son joker, Kaltenbrunner, la pire brute du West Side, le Seigneur des Porcheries en personne, celui grâce auquel mâcher le Cactus serait aussi facile et délicieux que violer une vierge de quatorze ans.

Ses couilles le démangeaient à nouveau, il se mit la main au froc en regrettant le goût salé de la chienne apache repartie au champs. Mais c'était fini les conneries. La guerre était de sortie et le West Side serait bientôt purgé du Cactus et de toutes les crevures qui menaçaient son business.

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Auteur : Clément
Par La Revue Moutarde - Publié dans : Cactus Jack sort ses colts
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