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Dimanche 25 juillet 2010 7 25 /07 /Juil /2010 23:25

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Dans toute quête, la question primordiale à résoudre pour accéder au râle du savoir vivre réside dans la connaissance de l’endroit où l’on doit se rendre. Peu importe d’où l’on vient. Ni comment, ni pourquoi. Seul compte le où poser sa paire de cojones à la tombée de la nuit. Ou même avant si l’on en ressent le besoin impérieux. La prise d’assaut d’une touffe crasseuse ou le siège d’un anus de luxe revitalise même le plus benêt. « Alors baisons ». C’était son dicton. Un de plus. Et qu’à Dieu ne plaise. Jack possédait les plus belles balloches à enconner la première baigneuse cambrée.

Après avoir braqué tous les coffres de la rejeton du banquier, notre héros s’écrasa sur le sofa. Priscilla, le souffle un peu court, se lova contre son amant. Ses yeux brumeux de tant de facéties corporelles se perdaient dans les champs de coton quadrillés par la fenêtre du salon. Vite incommodée par l’étroitesse du nid de leurs étreintes, tout de même belliqueuses, la plus jeune fille de Purcell Davies se redressa, posa ses pieds sur les azulejos imprégnés de la fraîcheur matinale et glissa comme une nymphe éthérée vers la baie vitrée. Le grincement fit tourner l’œil du Cactus. La vision de cette sculpturale nudité offerte au monde lui rappela, après maintes pensées vagabondes, l’objet de sa visite.

- Tu sais, ce serait mieux qu’il soit là pour t’amener à l’église.

Un dos négligemment appuyé contre le rebord de la baie vitrée tressaillit. Deux bras se croisèrent en même temps que deux jambes élancées et, bloody hell, cela donnait au tableau une sensualité bien trop rare dans les confins de l’Ouest américain

-Tu as passé l’étape de la demande en mariage pour aller droit à la case prison. Tu me prends pour une gourde .

-Quand je consomme, je paye mes dettes.

- Je ne suis pas une catin.

- Je sais bien ma belle, c’est pour ça que je me tue à te convaincre de te marier.

- Tu vas donc également épouser la fille du juge ?

- Ah la maigrichonne, ça non !

- Pourtant, on raconte que tu l’as mise enceinte.

- Je lui ai peut-être déformé le profil et plus bas que le nombril… Oui. Mais c’était avant de te connaître.

- Je ne te dirai pas où se trouve mon père, Jack. Soit tu l’abattras comme un chien, soit tu le traîneras au pénitencier, soit c’est toi qui mourras. Sache juste qu’il a engagé un homme du nom de Kaltenbrunner. Un tueur à gages très compétent à ce qu’il paraît.

- …

- Maintenant, casse-toi salaud.

 

Mais Jack enfilait déjà ses bottes, la chemise sur l’épaule, le ceinturon en bandoulière, le stetson vissé sur le crâne. Puisque cette ingrate préférait couvrir sa pourriture de géniteur, il ne restait plus qu’à lancer une chasse à l’homme, si une once d’humanité filtrait encore dans les pores de cette ordure.

Purcell Davies avait quitté la ville à l’annonce de son procès. Personne ne savait où ce couard autrefois maître absolu de Tennessee Gulch avait fui. Personne ne s’avisait plutôt de s’y intéresser de trop près, de peur de se voir mêlé à un règlement de comptes bientôt écrit en lettres de sang dans la légende du Far West. Les citoyens arriérés de cette ville engluée dans les confins du monde civilisé jugèrent plus judicieux de laisser Jack, leur nouveau justicier, s’en charger. Seul l’un d’eux se comporta en vrai cow-boy. Bien que râpé du cerveau, Emile se proposa pour l’accompagner, lui et John. Le fils du pasteur, grand amateur de chasse au couguar, pouvait se révéler utile de par son aptitude à lire une piste. A défaut de la bible de son père.

- Le coup du mariage… T’aurais pu trouver mieux pour lui faire cracher le morceau.

- Elle est folle de moi, ça aurait pu marcher.

- T’as jamais su bluffer, c’est pour ça que t’es un pied tendre au poker.

- Tu te rappelles une paire de deux à Crocke Town en 38 ?

- D’la choune ! Avec un pique, je te baisais en beauté ! Putain de croupière…

- Putain ouais…

- On peut lui faire confiance ?

- Jamais, une putain n’en veut qu’à tes Franklin.

- Je parlais de lui.

 

A quelques encablures, courbé sur son cheval, Emile cherchait des traces du passage de la bande à Davies. Consciencieux, il se penchait d’un côté et de l’autre de sa monture, parfois presque à en tomber, pour vérifier l’état d’un crottin ou la taille d’une marque de sabot. Dans sa mégalomanie, le banquier avait ferré ses canassons à son effigie.

- Le vieux Mac Culloush a entendu à Dallas que Carlos, l’âne bâté de Davies, rôdait avec des hommes en armes de ce côté du comté. Il paraît qu’il se déplace dans une caravane.

- Une caravane…

- Yep. Ah au fait, on a une gâchette au cul. Elle s’appelle Kaltenbrunner.

 

Auteur : Tristan.

 

Par La Revue Moutarde - Publié dans : Cactus Jack sort ses colts
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