Partager l'article ! Cacus Jack sort ses colts (extrait 34): Une allumette vint gratter la semelle lisse d’une santiag noire, orné d’éperons d’argent mas ...
| Mai 2012 | ||||||||||
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Une allumette vint gratter la semelle lisse d’une santiag noire, orné d’éperons d’argent massifs. La flamme jaillit, et vint allumer une motte de tabac qui dépassait de la cigarette tout juste
roulée par son propriétaire. Ce dernier, calmement et consciencieusement tira une longue bouffée, et éteignit la flamme de l’allumette avec la fumée qui sortait à présent de ses nasaux. Il jeta
le cadavre de bois calciné et recourbé sur la joue de Jack qui ouvrit alors les yeux. On en apercevait à peine le blanc dans la pénombre de la pièce moite, quelque peu zébrée par les lignes
horizontales des volets laissant passer les rayons du soleil alors rasants au-dehors. Jack avait pour ainsi dire, une sale tronche d’homme éprouvé par les coups répétés sur sa figure et son
corps. Du sang séché se mêlait au poil revêche de sa barbe alors bien avancée dans sa croissance. Plusieurs tâches plus noires que le sang d’un alcoolique de taille inégales se confondaient avec
la crasse de ses vêtements. Dire qu’il n’y a encore pas si longtemps cette chemise était d’un blanc immaculée. Mais loin de se soucier de ces considérations de bonne femme, Jack se demandait
surtout comment se défaire de ces liens qui lui rongeaient les poignets. Assis de force à cette chaise qui lui servait de tout support depuis dieu sait combien de jours et de nuits, il laissa
sortir sa voix rauque et fatiguée:
-Et maintenant, t’attends quoi pour me dézinguer?
-Si ça ne tenait qu’à moi, ça fait longtemps que ce serait fait, tu empestes plus qu’une pute apache ayant ses périodes, et les mouches semblent t’apprécier plus que de la mouscaille. Mais ce
sont les aléas du métier, et puis à vrai dire, je retire une certaine satisfaction de te voir dans cet état pitoyable. Quoi que je suis un peu déçu du manque de vagissements, ou de comme on dit
par chez moi de gueuleries de vieux putois dont tu as fais l’économie. Ça doit être ta façon à toi d’être classe.
Tandis qu’il parlait, il rassemblait les cendres de sa cigarettes dans le creux de sa main au fur et à mesure que ces dernières se formaient sur le mégot.
-Assez causé de ces trucs Kaltenbrunner, dis-moi quand rapplique Purcell qu’on en finisse
-Quel fatalisme! Purcell arrivera bien assez vite, peut-être pourrait il être indulgent avec toi, enfin si tu supplies…
-Tsss… Tu seras déjà loin à ce moment là en train d’encaisser ton gros chèque!
-Oh là, pas sûr pas sûr… J’en ai pas encore fini avec toi
-…
-Tu penses bien qu’on ne me dérange pas impunément, surtout pour courser deux fillettes comme toi et ta petite chérie. Non… J’ai convenu d’un arrangement avec Purcell. C’est pour ça que je t’ai
réveillé. Ce sera effectivement lui qui aura le plaisir de te faire tout ce qu’il désire. Le connaissant, ce sera jubiler de te voir dans cet état là, puis il te logera vulgairement une balle
dans le rectum s’il a un tant soit peu du style. Mais en attendant ce moment, il m’a donné carte blanche
-Abrège!
Le sourire narquois de Kaltenbrunner se changea, et les traits de son visage se plissèrent en se fronçant. Il approcha ce qu’il restait de sa cigarette sur l’épaule de Jack et l’écrasa avec
vigueur tout en le regardant dans les yeux. De la sueur perlait sur le visage de Jack, il souffrait, mais ne laissait rien transparaître
-Ouvre la bouche! Fit-il brusquement. Jack s’exécuta tout en continuant de le regarder en contenant sa haine qui grandissait. Kaltenbrunner déversa dans le bec de Jack les cendres qui s’étaient
amoncelées dans la paume de sa main.
-Imbécile! Tu ne comprends donc pas que tu vas crever, certes du colt de la main de Purcell, mais avant ça, tu vas passer avec moi. Tu vas tâter de mon couteau, tu vas voir comment je vais
t’entailler minutieusement, te vider de ton sang, juste ce qu’il faut pour que tu ne meurs pas, de quelle façon je vais te retirer l’œil de ton orbite à la petite cuillère, comment je vais te
couper les doigts un à un pour mieux les cuisiner et les manger devant toi! Quant à ce qui te sert d’attribut masculin, je m’empresserais de…»
Mais il n’eut pas le temps de terminer sa phrase, Cactus Jack avait bondit de sa chaise à la gorge de Kaltenbrunner. Le peu de force qu’il lui restait avait été ravivé par les propos du sadique
mégalomane. Tant, que le monologue qu’il lui avait débité avait été propice à Jack pour défaire ses liens. Attribut masculin attribut masculin, justement parlons-en, c’est précisément à cet
endroit que Jack lui administra un coup de santiag pointue. Puis il se jeta sur le corps de Kaltenbrunner qui se tenait, et mugissait comme une fillette.
«-Maintenant tu vas me dire où sont les autres.
-Johnny, deux pièces à la droite
-Et Emile
-… ha ha
-Réponds!!!
-Pas futé le minot, mais ses testicules avait bon goût quoi qu’un peu sucrées.
Il riait de toutes ses dents tandis qu’il prononçait cette phrase. Le sang de Jack ne fit qu’un tour, et ses mains empoignèrent la gorge sèche de Kaltenbrunner qu’il serra de toutes ses forces,
l’air plus haineux que jamais. Le corps faiblissait, les traits se crispaient, la langue sortait de cette bouche affublée d’un rictus sinusoïdal et les yeux se révulsèrent.
Jack lâcha celui qui l’avait torturé tous ces jours durant, et couru délivrer un Johnny évanouit à qui il manquait l’index de la main gauche.
-Putain de foutre de dieu! S’exclama Jack qui délia les mains de Johnny, et pris sur son dos, bien décidé à claquer les éperons vers d’autres contrées le premier cheval fauché à un quelconque
paysan.
Auteur : Elodie G.
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